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Nice-Matin

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samedi 02 février 2008

Alpes Maritimes : A Sophia Antipolis, Nicolas Sarkozy à la rencontre des chercheurs

 A l'Institut de pharmacologie cellulaire et moléculaire, le chef de l'Etat à l'écoute des chercheurs et en grande discussion (en médaillon) avec Frédéric Checler, directeur de l'équipe de pointe spécialisée dans Alzheimer.<br />  :  Photo A. B.-J A l'Institut de pharmacologie cellulaire et moléculaire, le chef de l'Etat à l'écoute des chercheurs et en grande discussion (en médaillon) avec Frédéric Checler, directeur de l'équipe de pointe spécialisée dans Alzheimer.
: Photo A. B.-J

Midi s'apprête à sonner hier quand Nicolas Sarkozy, arrivant de la « Villa Hélios » sur le port de Nice, s'engouffre dans l'institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Sophia Antipolis.

plan alzheimer Avant de présenter dix mesures-phares au CERAM, le chef de l'Etat a visité hier l'Institut de pharmacologie. Propos et ambiance

Dans son parcours « Alzheimer » sur la Côte d'Azur, avant un très attendu discours-programme non loin de là, au CERAM (1), un passage obligé. C'est là notamment qu'opère l'équipe de Frédéric Checler. Prête à lui montrer comment des chercheurs essaient de trouver la parade (un anticorps ?) à cette surprotéïne, « la peptide amyloïde », à l'origine de cette maladie menaçant, après 80 ans, près d'un Français sur quatre.

Vers un marqueur biochimique

Accompagnés de Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, Valérie Pécresse en charge de la Recherche, Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'outre-Mer le chef de l'Etat serre d'abord beaucoup de mains. Celles, amies, des élus. Celles, plus curieuses, des chercheurs. Toutes très honorées d'un tel déplacement présidentiel. Les salles, jamais très grandes, sont vite remplies. 150 personnes y travaillent dont un dixième sur ce qui vient d'être décrété « cause nationale ». Se côtoient dès lors, un peu dans la bousculade, sous les flashs des caméras et appareils photos, blouses blanches et costumes davantage tirés à quatre épingles.

Le chef de l'Etat scrute, écoute, questionne. « Un vaccin pour bientôt ce serait formidable » ? « Dans l'immédiat on s'oriente plutôt vers la mise au point d'un marqueur biochimique pour mieux établir le diagnostic. L'idée, c'est de trouver les molécules capables de bloquer et inhiber l'agent destructeur » explique Frédéric Checler.

Spécialisée en biologie cellulaire, Virginie, comme d'autres, s'y attelle. Lorsque Nicolas Sarkozy l'interroge sur ses diplômes et son avenir, elle ne lui cache pas son inquiétude. « J'ai un bac +8. Ma bourse se termine. Je vais sans doute me rendre aux USA. Le retour en France me préoccupe déjà...»

L'exemple d'une possible fuite des cerveaux ? Là, avec fougue, intervient Michel Lazdunski créateur de l'IPCM, médaille d'or du CNRS dans le domaine des neurosciences : « Nos chercheurs veulent défendre notre drapeau et rester chez nous ou y revenir... Mais il y a la question du salaire ? » le coupe le locataire de l'Elysée.

Salaire et précarité

« Je gagne 1 300 euros par mois » se permet de souligner Virginie. « Non, vous devez toucher un peu plus. Nous avons boosté les allocations » rectifie Valérie Pécresse. Bien forcée pourtant de constater que Virginie relève toujours de l'ancien système. Pas de chance.

Reste que la conversation permet à tous de toucher du doigt un des problèmes majeurs de la recherche actuelle. Avec encore celui de la précarité des emplois. A travers le cas de Claire arrivant au bout de ses 6 ans de stage.

Quant à la visite, intense mais ne dépassant guère les 20 minutes - le CERAM s'impatiente - elle aura montré aussi à quel point déjà la Côte d'Azur est en pointe dans bien des domaines.

D'ailleurs s'adressant à Christian Estrosi très présent à ses côtés, Nicolas Sarkozy salue les efforts du département. Qui, déjà, se porte aux avant-postes pour être un des premiers dans l'hexagone à créer une de ces maisons de l'autonomie souhaitées ensuite par l'hyperprésident. Prouvant une fois de plus hier sa présence sur tous les fronts. Les applaudissements reçus à la fin de son discours au CERAM et les vivats d'accueil d'une certaine d'étudiants l'auront sans doute « galvanisé ». Jusqu'à mettre bien du baume au c?ur quand les sondages d'opinion, eux, ne lui sont actuellement pas très favorables ?

1. voir également en page France (p. 24)

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