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Nice-Matin

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vendredi 09 mai 2008

Auto-école clandestine : 27 victimes grugées

Elles n'étaient que 10 à avoir fait le déplacement au palais de justice. Mais la liste égrenée par la présidente Colette Zalma comptait en réalité 27 personnes qui se disent victimes de la supercherie de Martine Mauriange.

Ex-monitrice d'auto-école, cette femme comptait bien adoucir la peine qui l'a condamnée en 2006 à deux ans d'emprisonnement et mandat d'arrêt pour escroquerie, abus de confiance et banqueroute.

Colistière de Jacques Peyrat

Ni présente, ni représentée lors d'un premier procès, celle qui fut colistière de Jacques Peyrat, lors des dernières élections municipales (elle n'a pas été élue), était avant-hier à la barre du tribunal correctionnel pour « affronter » dix de ses anciens élèves qui lui réclament des dommages et intérêts de 500 à 4500 euros, pour un préjudice total évalué à 5 970 euros. Frappée en 2003 par un arrêté préfectoral lui interdisant d'exercer sa profession de monitrice, elle avait été prise, quelques mois plus tard en flagrant délit d'illégalité sur la voie publique, trois élèves à bord de son véhicule auto-école.

Martine Mauriange a expliqué qu'elle attendait un nouvel agrément pour exercer, qui n'a jamais été accordé cependant.

En colère, les victimes disent avoir été attirées par les tarifs alléchants proposés par cette auto-école. Aucune d'elles n'a cependant jamais pu passer un examen. Et pour cause ! Martine Mauriange n'avait pas de numéro d'agrément lui permettant de présenter ses élèves à un quelconque examen, tout en se faisant payer « cash » les frais d'inscription ainsi que les heures de conduite.

Certaines d'entre elles ont même dû attendre des mois avant d'obtenir une autorisation pour se présenter à une épreuve, les dossiers ayant disparu dans la nature, au lieu d'être restitués à la préfecture.

« On est face à une professionnelle de l'escroc », a martelé le substitut du procureur, en demandant une peine de deux ans d'emprisonnement dont 6 mois ferme et 18 avec sursis. Si les réquisitions étaient appliquées, Martine Mauriange devrait en outre rembourser l'ensemble des victimes. Délibéré le 10 juin.

Martine Mauriange était également poursuivie pour avoir escroqué la CPAM à hauteur de 90 000 euros, en multipliant les arrêts maladie et en présentant à l'organisme, représenté par Me Blumenkrantz à l'audience, des fiches de salaires exorbitantes. Le délit de banqueroute lui était également reproché.

Oliva Delphine
Nice-Matin

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