Panser une plaie, faire une piqûre, supporter la vue du sang? et vivre de belles rencontres. Si le métier d'infimièr(e) connaît une forte pénurie, ce n'est pas pour cause de crise des vocations. On s'est bousculé à l'Institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier pour la journée portes ouvertes.
portes ouvertes Le métier fait toujours rêver malgré la pénurie. L'IFSI peut accueillir plus d'étudiants si le projet gouvernemental d'augmenter les quotas est tenuChaque année, une centaine de professionnelles sortent de cet établissement - le féminin l'emporte sur le masculin avec 90 % d'étudiantes -, avec un travail forcément à la clé. Un plein-emploi rendu possible grâce à la pénurie : « il manque près de 20 000 infirmières par an au niveau national », rappelle Pascal Gillet, adjoint de direction.
Le centre hospitalier des Broussailles qui jouxte l'Institut peinait d'ailleurs il y a quelques semaines à recruter sur des postes pourtant budgétisés pour sa maison de retraite. La situation s'est finalement améliorée après cinq jours de grève (lire ci-contre).
Une hausse attendue des étudiants
Des mesures gouvernementales sont attendues ardemment. « Le nombre de personnes reçues au concours devrait augmenter, annonce Pascal Gillet. On ne sait pas quelle mesure, c'est encore en discussion ».
L'établissement pourrait se permettre d'accueillir ce surcroît d'effectifs. « On a un amphi de 250 places. Pour la première année, cela ne pose pas de problème. Les deuxième et troisième années, on se serrera un peu. »
La fuite vers le privé
Cela suffira-t-il à susciter plus de vocations dans le public ? Actuellement, dès leur sortie de l'Institut, 40 % des diplômées se dirigent vers des établissements privés de la région. Sans compter celles qui optent pour le libéral après deux ans.
Pour Pascal Gillet, ce n'est pas l'argument financier qui joue à la sortie de l'école. « Tous secteurs confondus, une infirmière gagne 1 400-1 500 euros net par mois. Il faut compter entre 1 100 et 1 200 euros pour une aide soignante ou une auxiliaire médico-psychologique », (les deux autres formations dispensées par l'IFSI). Une analyse qui n'est pas celle du syndicat FO, puisque Christian Renot, son secrétaire évoquait un écart de l'ordre de plusieurs centaines d'euros avec le privé.
Cependant, les perspectives d'évolution seraient plus fortes dans le secteur public. Le métier reste toujours d'avenir.