Il y a plus de vingt ans qu'un Niçois n'avait pas connu l'honneur de la sélection. Surtout qu'avec un tel potentiel, un jour prochain, Hugo Lloris pourra prétendre à une place de titulaire. Mardi soir, le gardien du Gym joua les 45 dernières minutes de France A'-Mali (3-2). Certes, c'est lui qui encaissa les deux buts mais sans que sa responsabilité ne soit mise en cause.
Hier soir, il était dans la tribune du Stade de France, à côté de Mandanda, pour assister à France-Angleterre.
L'occasion d'en savoir un peu plus sur la vie d'un Aiglon chez les Coqs...
Un petit mot, tout d'abord, sur la défaite du Gym face à Lorient au cours de laquelle on vous a entendu élever la voix ?
C'est vrai que ce n'est pas dans mes habitudes. Je suis calme et concentré mais ce match était frustrant. Etre mené 1-0 sur une seule occasion et surtout la manière dont ce but a été inscrit, presque comme à l'entraînement, m'a poussé à réagir. On a réussi tellement de belles choses qu'on ne se reconnaissait pas. Quand on regarde la copie de la rencontre, ce n'est pas le vrai Nice !
''Ceux qui ont tout gagné sont les plus discrets !''
Comment avez-vous appris votre convocation chez les Bleus ?
J'ai reçu un coup de fil de Bruno Martini m'indiquant que Sébastien Frey était indisponible et que je le remplaçais. Il fallait que je trouve un billet d'avion pour Paris pour le soir même...
Votre arrivée à Clairefontaine au milieu des Bleus ressemblait-elle à un enfant à Disneyland ?
Je ne suis pas un rêveur. Je n'ai pas changé. Je suis resté le même Hugo Lloris. Mais, c'est vrai, c'est un enrichissement de côtoyer des joueurs qui ont tout gagné et pour lesquels j'ai beaucoup de respect.
L'accueil ?
Particulier, car le groupe est élargi. Ce qui ne change rien à la qualité de l'ambiance.
Les joueurs sont heureux de se retrouver. C'est une bande de copains...
Les anciens ?
La première poignée de mains, ça fait bizarre. Mais on est vite plongé dans le rythme. On oublie.
Y a-t-il des patrons ?
Oui, mais ce que j'aime énormément, c'est que ceux qui ont tout gagné sont les plus discrets ! Ils dégagent une telle humilité. C'est vraiment un bel exemple.
Le discours de Domenech ?
On s'est vu individuellement la dernière fois. Mais rien d'exceptionnel, il m'a juste dit que je disputerai une mi-temps.
Là, on se croise, forcément, le groupe est très élargi. Mais un gardien, c'est particulier. Je vois surtout Bruno Martini.
Et lui, que vous a-t-il dit ?
Si tu es là, ce n'est pas un hasard. Mais reste toi-même. Après, c'est un relationnel normal. Comme lorsque je travaille avec Bruno Valencony à Nice.
Les autres gardiens ?
Il règne une bonne ambiance. Il n'y a pas de concurrence malsaine. Les choses sont claires, la hiérarchie établie. Ce n'est pas la même chose que lorsque Barthez et Coupet se disputaient la place de numéro un. Ça devait être chaud ! On se découvre tous aussi humainement...
Coupet ?
Un exemple. Un portier parti de la L2 pour devenir titulaire en équipe de France. Un grand travailleur,
simple et souriant. Il dégage une grosse sérénité.
Landreau ?
Lorsque je suis arrivé ici, il est venu directement me parler, ce qui était sympa de sa part. Un gros bosseur aussi.
Vous a-t-il parlé de ses difficultés au PSG ?
On sent, comme chez Rothen, beaucoup de tension. Mais il fait la part des choses. La sélection est une bouffée d'oxygène pour eux.
Mandanda ?
Ça se passe bien, mais on se connaissait déjà lorsque nous étions chez les Espoirs. Il fait une belle saison. Et, pour le moment, il a les épaules assez larges pour supporter la pression marseillaise. C'est quelqu'un de simple, de humble. On parle souvent entre nous : les jeunes, nous ne sommes qu'au début. La réussite sur la longue durée passe par énormément de travail.
Avez-vous évoqué votre concurrence, qui sera forcément accrue dans l'avenir ?
Ça nous fait sourire. Et je trouve ridicule aujourd'hui de faire un match Mandanda-Lloris. Pourquoi n'en dégager qu'un au lieu de pousser les deux ? Nous, on ne tombe pas dans le piège... Mais j'aime la concurrence. L'esprit de compétition permet d'avancer !
''La hiérarchie ? Je suis le numéro 1 des Espoirs !''
Etes-vous résigné sur la sélection des trois gardiens pour l'Euro ?
Pas du tout, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer. La preuve, l'absence aujourd'hui de Sébastien Frey. Il faut se tenir prêt au cas où... Mais il n'y aura pas de surprise, la hiérarchie sera respectée, même si on se doit d'être performant tous les week-ends jusqu'à la fin de la saison. Déjà pour nous !
Si la hiérarchie est respectée, vous considérez-vous, aujourd'hui, comme le numéro 4 ou 5 des portiers ?
Je suis le numéro un des Espoirs (éclats de rire) !
Le fait d'être un Niçois chez les Bleus...
Une grande fierté. Pour moi. Pour le club. Mais ça s'arrête là. Je recherche surtout à progresser, à m'enrichir humainement. Je prends ce que l'on me donne.
Votre premier maillot de l'équipe de France ?
Rangé quelque part. C'est un maillot comme les autres. Ma première sélection chez les A, par contre, ce ne sera pas pareil. Les A', c'est particulier. On compte sur vous, mais... (silence) ! A Malaga, lorsque j'ai assisté au match face à l'Espagne, vu cette ambiance, j'ai eu des frissons. La veille, nous, nous avons joué dans un stade catastrophique, sans éclairage !
Cet article est tiré du dernier Foot 06.