ISOLA : cliquez ici pour accéder à la webcam
AURON : cliquez ici pour accéder à la webcamLe temps d'observer pendant dix minutes le ballet des skieurs au bas des pistes et les comportements à risques se multiplient : un père coupe le flot des descentes en traînant derrière lui avec une luge son enfant sans casque. Un adepte de glisse à patinettes frôle et double à vive allure trois skieurs dans la zone de vitesse réduite. Un adolescent saute une bosse et atterrit à quelques centimètres d'une file de petits, massés le long du jardin d'enfants...
« Avant, il n'y avait principalement que des sportifs qui montaient en station pour assouvir leur passion du ski. Aujourd'hui, le public s'est élargi. On vient se promener ou découvrir le domaine. Et les membres d'une famille empruntent tous la même piste, quel que soit leur niveau ». C'est le constat que dresse Serge Ferreri, en charge de l'aménagement du domaine skiable d'Auron et d'Isola. Car qui dit public hétéroclite, dit risques multiples : « Le danger numéro 1 reste la vitesse. Chaque année, les pistes sont reprofilées et élargies pour que le grand public ait accès à tout le domaine. Les skieurs prennent rapidement de l'élan, d'où danger » précise Eric Dettwiler, responsable sécurité pour les stations du Mercantour.
« 17 points de suture sur le visage »
Une vitesse mal maîtrisée qui peut avoir des conséquences dramatiques, comme en témoigne Henriette (1). Son mari, octogénaire, a été grièvement blessé le 28 décembre dernier : « Ancien moniteur de ski, il a été percuté par un jeune qui descendait trop vite sur des skis paraboliques. Sans bâtons, il n'a pas pu freiner et l'a violemment heurté dans le dos. Mon mari est resté trois quarts d'heure évanoui et a eu 17 points de suture sur le visage. Il a été hospitalisé durant trois jours ». Aujourd'hui, si son mari va mieux, la vieille dame milite pour que sur les pistes il y ait un lieu réservé aux pratiquants de « snow blade ». Entre surfeurs et skieurs, la cohabitation s'est améliorée : des zones « border cross » permettent aux deux de glisser ensemble. « Il y a quelques années, le skieur qui avait le monopole des pistes a vu les surfeurs arriver » explique Serge Ferreri. « Les jeunes, aujourd'hui, pratiquent les deux disciplines. De 15 à 25 ans, ils savent tous surfer. Du coup, cela se passe beaucoup mieux sur les pistes ». Une amélioration qui ne doit pas faire oublier la règle numéro un, à respecter pour tous : maîtriser sa vitesse selon la configuration et la fréquentation de la piste.
1. Le prénom de la personne a été modifié pour préserver son anonymat.