Faire du shopping sur la promenade des Anglais, on peut rêver... Les quelques devantures sont souvent occupées par des banques, bureaux, agences, hôtels. La vie commerciale s'articule en fait autour des bars et restaurants. : Photo Richard Ray « Souvent les touristes me demandent où sont les boutiques ? Ils ne comprennent pas qu'elles soient derrière...» L'unique pharmacienne de la promenade des Anglais, résume parfaitement la situation. Les plus étonnés sont finalement les gens d'ailleurs. Car du côté des autochtones, lorsque l'on évoque l'idée d'une Prom' un peu plus fun, un peu plus attractive, voire un peu plus « Croisette », on nous répond par des ricanements... «Regardez, c'est une autoroute. Il y a trop de trafic, trop de bruit, trop de pollution... Et puis il n'y a pas la clientèle ». Ça y est, la phrase est lâchée. Un tourisme « sac à dos », « ordinaire », « sans le sou », « pas chic »... Bref, rien à espérer, résignation totale...
Une clientèle à capter
Tout cela est forcément très partiel. Car le touriste « quatre étoiles » existe aussi, tout comme le congressiste prêt à dépenser ainsi que le Niçois aisé. Pour eux, on se prend alors à rêver d'autre chose qu'un alignement de façades aveugles ou presque, « habitées » par des bureaux, des banques, des agences, et même un office du tourisme qui semble bunkerisé derrière ses grandes affiches.
« La configuration ne s'y prête pas vraiment » souligne Auguste Verola, adjoint au maire en charge du commerce. « De nombreux rez-de-chaussée sont aménagés en appartements. Sinon, ce sont des hôtels. Par ailleurs il n'est pas certain que les copropriétés autorisent des commerces. Finalement les opportunités sont minces..»
Minces mais pas inexistantes. A Cannes, au fil des décennies, on a réussi à transformer de l'habitat ancien en surfaces commerciales.
A aménager des petites galeries, à redécouper des rez-de-jardin. « Ce n'est pas inconcevable ici », poursuit l'adjoint au maire. « Notamment dans la portion comprise entre le Méridien et la rue Meyerbeer, et pourquoi pas du côté du bd Gambetta. Personnellement, je suis favorable à des marques jeunes, tendance, pour casser cette image un peu triste ».
La très élégante nouvelle enseigne d'Albert Goldberg, « Albert-Arts » amorcera-t-elle la métamorphose ? « Monsieur Façonnable » ne cache pas son intention de relancer la promenade des Anglais et de lui redonner le lustre qu'elle a connu... il y a près de cinquante ans. « Ce serait bien d'avoir des devantures comme celles-ci, un peu chic » concède-t-on en mairie. « Mais pour cela, il faut déjà mettre de l'ordre à l'extérieur. Le stationnement anarchique devant les hôtels, c'est inadmissible. Les voitures et les motos sur le trottoir du Palais de la Méditerranée, ce n'est pas normal. Tout cela ne donne pas envie de se promener...et a fortiori d'acheter ».