ISOLA : cliquez ici pour accéder à la webcam
AURON : cliquez ici pour accéder à la webcamPlus d'1, 2 milliard d'euros - soit 25 % à 30 % de plus que l'an dernier - c'est le chiffre d'affaires annoncé par les Sociétés françaises de remontées mécaniques (SNTF) pour cette saison qui s'achève dans l'euphorie. « Ce n'est pas une année exceptionnelle, mais c'est tout de même une très bonne saison », confirme Jean-Marc Bérard, directeur de la société d'économie mixte (SEM) des cimes du Mercantour, regroupant les stations d'Isola 2000 et Auron.
Pour cette dernière station, où il avait très peu neigé en 2006-2007, le chiffre d'affaires est même grimpé de « 95 % cette année ! », selon Jean-Marc Bérard.
« C'est effectivement une excellente saison, même si ce n'est pas la meilleure », renchérit Charles-Ange Ginésy, maire de Péone-Valberg, premier vice-président du conseil général et vice-président de l'association nationale des maires des stations de montagnes (ANMSM).
Un hébergement très insuffisant
« Nous enregistrons à Péone-Valberg une augmentation de notre chiffre d'affaires de plus de 40 %. La fréquentation est constamment à la hausse depuis quelques années, nous ne disposons hélas que d'un millier de lits à la location, alors qu'il nous en faudrait trois fois plus ! »
Même constat à Allos, (Val d'Allos-La Foux), « le plus grand domaine skiable des Alpes du Sud, fréquenté à 50 % par des habitants des Alpes-Maritimes et des Monégasques », où le maire, Michel Lantelme, se frotte les mains : « Nous ferons 25 % de mieux que l'an dernier, soit une recette de 5,6 millions d'euros cette saison... » De quoi moderniser les remontées mécaniques « un peu vieillissantes », selon le maire, et financer en partie les nouveaux équipements, soit deux nouveaux télésièges dont un rapide à six places.
La grande manne blanche s'est aussi déversée sur Roubion (1 400 m-1 900 m), la petite station de la vallée de la Tinée (30 km de pistes) qui, faute de neige, n'avait pu ouvrir que trois week-ends en 2006-2007. Le maire, Philip Bruno, est comblé : « Nous avons fonctionné à 100 %, surtout les week-ends. Et ici, quand on atteint les 100 000 euros de recettes à la fin de la saison, on est très contents. Cette année, on va dépasser les 150 000 euros. »
Des mutations indispensables
« La neige représente aujourd'hui 20 % de notre budget communal, poursuit Philip Bruno, mais, comme les stations plus huppées, nous sommes confrontés à un problème d'hébergement insuffisant en hiver. Nous ne pouvons en effet proposer que 200 lits, dont 140 en gîtes gérés par la commune, mais tout est saturé en hiver. Nous avons donc décidé de modifier notre carte communale et de réorganiser notre urbanisation pour aller vers plus d'hébergement. »
Alors que la fréquentation générale des stations de ski françaises augmentait très lentement ces dernières années (autour de 2 % par an), voire stagnait dans certaines régions, la saison 2007-2008 contribuera incontestablement à accélérer les indispensables mutations des destinations touristiques de montagne.