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Nice-Matin

Actualité Alpes-Maritimes

lundi 12 mai 2008

Nice : La zone maritime « protégée » va quadrupler sur la Côte d'Azur

Longtemps à la traîne pour promouvoir Natura 2000 - le dispositif européen de conservation des milieux remarquables - la France met les bouchées doubles. En mer, elle souhaite significativement augmenter la zone à sauvegarder pour la richesse de sa flore et de sa faune. Dans les Alpes-Maritimes, ce périmètre protégé devrait quadrupler, grimpant de 6 159 à 24 696 hectares.

Jusqu'ici, il s'étendait d'un seul tenant, de la baie d'Antibes aux îles de Lérins. Domaine du grand dauphin, devenu rare au cours des dernières décennies, ce secteur va vraisemblablement gagner 7 468 hectares.

Le probable aval de Bruxelles d'ici fin 2008

Deux autres sites devraient voir le jour, pour leur riche biodiversité prospérant à l'abri de multiples grottes, récifs et herbiers de posidonies (des prairies sous-marines). Le premier concernerait 2 090 hectares aux abords du Cap-Martin. Le second 8 978 hectares entre Cap-d'Ail et Cap-Ferrat.

Proposées par le Muséum d'histoire naturelle de Paris, en concertation avec des experts locaux, cette extension et ces deux créations pourraient être validés par Bruxelles d'ici la fin 2008.

En début d'année, les communes concernées ont été consultées. Sur le fond, aucune d'entre elles n'a remis en cause le processus. « Personne ne peut s'opposer à la conservation à l'environnement » résume Olivier Jonquet, directeur de cabinet du maire de Roquebrune.

Sur la forme, les critiques pleuvent.

« On nous a pris de court » déplore le maire de Beaulieu, Roger Roux, en référence au délai d'à peine deux mois, imparti pour formuler un avis fondé sur des arguments scientifiques.

« On a été placé devant le fait accompli » admet Patrick Dulbecco, adjoint à l'environnement à Antibes.

De toute manière, les délibérations des communes ont valeur de simples avis, incapables de bloquer ou même de suspendre la procédure. La carte initiale, sans les extensions ou limitations de périmètre sollicitées ici et là, vient ainsi d'être envoyée par la préfecture au ministère de l'Écologie. Qui va la transmettre pour accord à Bruxelles.

Quelles conséquences pour la population ?

Sauf coup de théâtre, la zone Natura 2000 en mer d'Azur multipliera donc par quatre sa superficie. Débuteront alors des discussions pour une gestion raisonnée et écologique de ce fleuron. Il s'agira également de désamorcer d'inévitables conflits d'usage. « Quelles seront les conséquences pour les plongeurs, les pêcheurs ? À ce jour, on n'en sait rien...» s'inquiète Olivier Jonquet.

« Pourra-t-on encore réaliser à Menton un musée en bord de mer ? » s'interroge le maire de la ville, Jean-Claude Guibal.

Au nom de l'État, le sous-préfet Christophe Marot se montre rassurant.

« Une activité ne sera limitée que si elle menace telle espèce. En ce cas, elle l'aurait été indépendamment de Natura 2000.

« On tentera de trouver des solutions pour éviter les restrictions. Dans la négociation et la conciliation...»

Jean-paul Fronzes
Nice-Matin

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