La Ville et l'Etat vont engager des travaux d'urgence dans le taudis de la rue Pertinax, notamment pour une mise en sécurité du bâtiment qui menace ruine.Combien de temps encore, les locataires du taudis 3 rue Pertinax devront-ils supporter des conditions de logement indignes ? C'est pour accélérer l'émergence d'une solution humaine que le préfet, Dominique Vian, vient de prendre un arrêté « d'insalubrité » concernant ce bâtiment.
Situés dans une cour, ces locaux délabrés sont loués depuis plusieurs années au prix fort par un marchand de sommeil à une trentaine de travailleurs immigrés. Le propriétaire a été condamné en février dernier à 30 mois de prison dont 15 ferme. Mais il a fait appel du jugement et il est toujours en liberté dans l'attente d'un jugement définitif. Quant aux locataires, ils continuent pour la plupart de loger dans ces appartements de la honte.
Que va changer à cela l'arrêté préfectoral ?
Eviter une catastrophe
« Ce texte impose l'obligation au propriétaire de réaliser les travaux les plus urgents pour la mise en sécurité du bâtiment. Notamment la mise en conformité de l'installation électrique, la création d'un système d'évacuation, l'isolation des murs, sans oublier la réfection de l'un des escaliers qui menace de s'écrouler », souligne Dominique Estrosi-Sassone, adjointe au maire déléguée au logement.
Et si l'individu en cause fait la sourde oreille ?
« L'autorité publique procédera elle-même à ces travaux et se retournera ensuite contre le propriétaire pour se faire rembourser. Ni l'Etat ni la Ville ne veulent prendre le risque de laisser la situation se dégrader encore un peu plus. Il y a péril pour les personnes. On ne peut attendre, il faut agir ».
Il y a urgence en effet. Outre le risque de voir le taudis s'effondrer au moins partiellement (des étais ont été placés en catastrophe pour soutenir le plafond dans certains des studios), les installations électriques sont quasiment à nu, avec des paquets de fils qui courent sur les murs entourant la cour !
Relogement
« On ne peut jouer avec la misère humaine et avec la sécurité des personnes, il faut lancer les travaux », commente l'avocat des malheureux locataires, Me Dominique Salvia.
Ce dernier souligne que ces derniers, parmi lesquels plusieurs Sénégalais, ont tous leurs papiers de séjour en France en règle.
Pendant la durée des travaux, ces locataires pourraient être relogés, notamment, dans des foyers pour travailleurs migrants.