Chaque année, trente jeunes intègrent la filière des cadets de la police nationale pour suivre une formation par alternance et se préparer au concours de gardien de la paix. Soutenue par le sous-préfet Éric Djamakorzian, cette filière de la deuxième chance attire de plus en plus les jeunes. : Photo François Vignola Il existe des filières d'insertion méconnues du grand public. Celles ouvertes aux jeunes sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification afin de leur donner une autre chance de réussir. Les cadets de la police nationale en font partie.
Créée en 2005, cette filière originale est née d'une union entre l'Éducation nationale et la police nationale. L'objectif : motiver ces 18-26 ans, les remettre à flot au niveau des études pour les préparer au concours de gardien de la paix et plus largement à ceux de la fonction publique.
Formation en alternance
Chaque année, dans les Alpes-Maritimes, trente jeunes, filles et garçons, issus souvent de quartiers difficiles, sélectionnés après des épreuves écrites et orales, sont pris en charge par le centre de formation de la police nationale (CFP) de la caserne Auvare à Nice. « Devenus officiellement cadets, ils signent un contrat de cinq ans avec rémunération à la clé, explique Pierre Gonzales, commandant de police, directeur du CFP. La première année est consacrée à la formation qui se déroule en alternance, dans les services de police, pour découvrir toutes les facettes de cette profession, et au lycée professionnel Les Palmiers, à Nice. Les quatre années suivantes, le cadet, s'il n'a pas réussi entre-temps le concours de gardien de la paix, devient adjoint de sécurité, avec un salaire de 1 120 euros par mois ».
60 % de succès
Durant cette année de formation par alternance, les cadets suivent au lycée les Palmiers des cours de français, anglais, culture générale, communication... Histoire de se remettre à flot au niveau des études, tout en apprenant à se présenter à un employeur pour mieux se vendre. Existe-t-il un profil idéal pour être cadet ? « Non. Juste être volontaire et motivé pour rendre service et être utile. »
Dans ce partenariat plutôt insolite, tout le monde y trouve son compte. Le LP les Palmiers, une nouvelle offre de formation à proposer à ses élèves, et la police, une voie de recrutement supplémentaire. « Celle ouverte au nom de l'égalité des chances, souligne Éric Djamakorzian, sous-préfet chargé de la politique de la ville qui soutient cette filière. Pour permettre à des jeunes, laissés au bord de la route scolaire, d'accéder à la fonction publique. »
Et visiblement ça marche ! L'an dernier, sur les 22 cadets qui ont présenté le concours de gardien de la paix à l'issue de cette formation, 13 l'ont décroché. Soit un taux de succès de 60 % !
Et les autres ? « A tout moment, et durant les cinq années de leur contrat comme adjoint de sécurité, ils peuvent présenter ce concours, poursuit Pierre Gonzales. Et les taux de réussite sont, là aussi, très encourageants. »
Savoir +
Le recrutement des cadets de la police est ouvert jusqu'au 7 mai. Pour s'inscrire, il faut être de nationalité française, être âgé de 18 à 25 ans, avoir un casier judiciaire vierge, avoir accompli la journée d'appel à la défense. Les dossiers sont à retirer au CFP de la caserne Auvare, du lundi au vendredi, de 8 heures à 12 heures et de 13 heures à 17 heures. Inscription gratuite. Renseignements au 04.92.17.25.44.