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Spécial étudiants

Édition du mercredi 20 février 2008

Nice : Les plus et les moins des campus azuréens

Après les partiels pour les étudiants azuréens, c'est au tour de l'Université d'être « notée ». Ses plus, ses moins. Ses progrès, ses lacunes. L'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (1) vient de rendre un rapport d'évaluation des facs azuréennes. Flatteur souvent, critique aussi, forcément contestable, mais riche en enseignements. En voici les principaux. Université de Nice-Sophia Antipolis, au tableau !

Des étudiants « clients consommateurs »

Avec une offre étoffée de services culturels et sportifs, « l'université a beaucoup progressé en ce qui concerne la reconnaissance et la place de la vie étudiante ». Paradoxe : les élus étudiants notent « le désintérêt manifesté par leurs camarades pour l'université, où ils se comportent en « clients consommateurs ». Certains affirment même qu'« il n'y a pas de vie étudiante à Nice ».

Côté santé, les campus azuréens offriraient « une bonne illustration de la misère de la médecine préventive dans notre pays, d'autant plus préoccupante que de nombreux étudiants ne consultent pas par ailleurs ». Le service de médecine préventive est jugé famélique, tant en personnel qu'en budget, lequel équivaut à? 4,36 e par étudiant. Mais « dans ces conditions, la qualité du service rendu est digne d'éloges ».

Trop de « turbo-profs »

Quand certaines filières enregistrent de « faibles effectifs (allemand, lettres classiques) », l'agence souligne une « multiplication abusive des offres de master » : 42 et 112 spécialités ! Selon elle, « des regroupements sont à prévoir ». Idem pour les formations professionnelles : « L'offre s'est beaucoup développée. Il faudrait peut-être la resserrer pour gagner en visibilité » auprès des jeunes et des entreprises.

Globalement, « la qualité est présente », même si l'évaluation des enseignements à la fac se heurte à des réticences. L'agence signale un problème lié à la crise du logement à Nice : « Il est difficile de garder certains enseignants, d'où l'existence de « turbo-profs », notamment en lettres et droit ».

En outre, l'université n'a pas désigné de vice-président en charge des ressources humaines, « pratique courante ailleurs ».

« Logique facultaire »

Au gré d'une « concertation exemplaire », la présidence instaure peu à peu une politique scientifique commune à l'université.

Pas facile, quand celle-ci est éclatée en 10 campus et 4 villes !

Hostiles à cette centralisation, nombre d'enseignants-chercheurs préfèrent raisonner par campus, voire par labo. Remarque :

« Il reste beaucoup à faire pour sortir de la logique facultaire ».

« Budget bien maîtrisé »

L'agence juge « surprenante » la gestion des contrats et la valorisation de la recherche. Son transfert à un service dédié, qualifié d'« échec », a pâti d'un conflit interne à l'université.

Au rayon des relations extérieures, bon point en revanche pour les « nombreux partenariats avec les collectivités locales et territoriales, dans une logique gagnant-gagnant ».

Côté gestion enfin, l'agence salue le recours à un consultant extérieur, ancien directeur de la CCI, pour engager l'université dans une « démarche de progrès ». Quant au budget, il est qualifié de « bien maîtrisé ». Christophe CIRONE

1. L'AERES, créée par le gouvernement Villepin en mars 2007, a remplacé le conseil national d'évaluation (CNE), qui avait décortiqué l'université de Nice il y a trois ans en? 156 pages. Ce nouveau rapport de 26 pages se fonde sur une expertise menée du 20 au 22 juillet 2007. www.aeres-evaluation.fr

Nice-Matin

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