C'est peut-être bientôt la fin pour « l'îlot Gambetta », ce pâté de maisons en ruine qui défigure le centre ville. La Ville veut y aménager provisoirement un parking une fois que tout aura été rasé. : Richard Ray Voilà près de 20 ans que ça dure. Vingt ans que les riverains subissent le spectacle de cette verrue en plein coeur de la ville. A deux pas de la Prom', il suffit de remonter de quelques dizaines de mètres le boulevard Gambetta pour voir ça, sitôt dépassé la rue de France : des commerces murés, des maisons qui tombent en ruine, grossièrement camouflées par des palissades surmontées de fil de fer barbelé.
Ce cauchemar urbain qui fait honte à la capitale azuréenne, prendra-t-il bientôt fin ? Les riverains l'espèrent en tout cas et viennent de lancer une pétition pour que cet « îlot Gambetta » soit rasé au plus vite et que l'emplacement ainsi libéré puisse servir de parking provisoire.
« En mars dernier, le candidat Christian Estrosi nous a promis de faire démolir cette verrue et d'aménager cet espace pour le stationnement des véhicules. Nous comptons sur lui pour que cela se fasse », souligne Marie-Madeleine Venturini, diffuseur de presse sur le boulevard Gambetta.
Justement, pour le nouveau maire et son 1er adjoint, Eric Ciotti, il n'est pas question non plus d'attendre : « Nous contactons le promoteur pour qu'il rase au plus tôt cet îlot. Un permis de démolir a été accordé, il n'y a donc plus d'obstacle juridique. » Petit retour sur cette trop longue affaire.
110 logements
Propriétaire de ce terrain situé entre la rue de France et la rue de la Buffa, le CHU de Nice (1), l'a revendu en 2006 pour cinq millions d'euros à la Caisse des Dépôts et Consignations. Cet établissement, gestionnaire de fonds publics, a déposé un permis en juin dernier pour la construction de deux immeubles représentant au total 8 500 m2.
Cent dix logements sont prévus dont une soixantaine à la vente, le restant est destiné à du locatif à usage social.
Lors de la vente, la Caisse des Dépôts s'est en effet engagée à réserver 50 appartements au personnel du centre hospitalier, aides-soignants et infirmiers notamment.
Outre ce volet habitat, le projet comporte 300 m2 de commerces au rez-de-chaussée, 420 m2 de bureaux et 150 places de parking pour les résidents.
Permis de construire attaqué
Le permis de démolir la verrue a été accordé en août 2007 et celui de construire en novembre dernier. Tout devrait donc pour le mieux... sauf que ce dernier permis fait l'objet de plusieurs recours de la part de riverains qui contestent le projet architectural, notamment la volumétrie et la hauteur des immeubles jugée excessive (31 mètres pour le bâtiment le plus haut).
Que faire en attendant que le tribunal administratif se prononce sur le bien-fondé de ces plaintes ?
« Il y a urgence », renchérit Auguste Vérola, l'adjoint à la proximité : « Cet îlot est insalubre, les rats y prolifèrent. Une fois le site nettoyé, une soixantaine de voitures pourront s'y garer ainsi qu'une dizaine de cars de tourisme. »
(1) Le Centre Hospitalier Universitaire l'avait reçu par legs dans les années 1930 et avait fait construire dessus des commerces et des bureaux.