L'UNIA forte de 2200 adhérents est une association de poids servie désormais par un président (en incrustation) conseiller municipal de la majorité et ex-radical de gauche. : Philippe Bertini En politique les flibusteries sont, paraît-il, innombrables. C'est tout le contraire dans l'univers de l'enseignement, supposé être un sanctuaire, surtout lorsqu'il est incarné par l'Université inter-âges. Comment cet ultime bastion du savoir va-t-il résoudre aujourd'hui la bronca interne et feutrée qui l'agite ? D'autant plus que la politique est justement la cause de cette agitation. Et tout vient du sommet de la pyramide, de son président, Jean-Michel Galy, fraîchement élu conseiller municipal au sein de la majorité et sur la liste UMP de Christian Estrosi. Cette double casquette de président depuis 1993 d'une association majeure, 2 200 adhérents et d'actuel élu (transfuge du PRG et aujourd'hui sous l'étiquette DVG) gênerait certains enseignants. A tel point qu'une petite poignée aurait décidé de ne plus intervenir au sein de l'UNIA. Mais ces défections sont réfutées avec vigueur par Jean-Michel Galy : « L'année se termine normalement et les contrats ont été renouvelés pour la prochaine rentrée. » Ce dernier ne manque pas de souligner que les professeurs sont « contents d'avoir un public attentif et comptent sur ce complément de salaire ». Mais après réflexion, il n'y aurait eu une seule défection d'enseignant. « Quelques collègues ont jugé bon de tremper leur plume dans l'encre indélébile des grands principes », relève Jean-Michel Galy.
Un ex-enseignant que nous avons pu joindre souligne de son côté : « Désapprouvant l'utilisation de l'UNIA, l'envoi d'un mail d'invitation à un meeting politique de Christian Estrosi, j'ai effectivement adressé une lettre de démission. » Ce dernier a également demandé, sans l'obtenir, la convocation d'une assemblée générale. Celle-ci aurait-elle pu contraindre le président en exercice à démissionner ? Pas sûr.
Le président garde son fauteuil
Ce mouvement n'a pas désarçonné Jean-Michel Galy qui souligne les contradictions : « J'ai toujours été engagé en politique et lorsque j'étais président du PRG et au même poste à l'UNIA, cela ne gênait personne. » Faut-il comprendre que seule une étiquette UMP dérange un milieu enseignant ? D'ailleurs le président en exercice ne compte pas renoncer si facilement à son mandat qui ne prend fin qu'en 2010 : « La seule raison qui pourrait me pousser à quitter ce poste, explique-t-il, c'est d'être accaparé par mes missions de conseiller municipal. »
Ce dernier repousse également les quelques critiques sur le déroulement de la campagne : « La critique s'est focalisée sur le titre qui m'était donné parmi les 69 candidats qui constituaient la liste Nice Ensemble ; président de l'UNIA, auquel était adjoint le titre de membre du Parti radical de gauche. » Les engagements à la fois associatifs et politiques, voilà qui ne dérange pas l'actuel président du PRG, Jean-Christophe Picard. Ce dernier tique toutefois « sur le mélange des appellations, l'utilisation des titres sur les documents électoraux ».
Désormais ce sont les adhérents de l'UNIA qui pourraient appeler à davantage de neutralité. Or leur président est aussi chargé désormais de défendre leur cause, celle des seniors au sein de la municipalité. Un bel exemple de croisement des compétences, complémentarité diront certains. Et ce cas n'est pas unique au sein de l'équipe municipale (lire par ailleurs) où d'autres concilient et conjuguent déjà vie active et associative avec engagements politiques... parfaitement compatibles.