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Édition du lundi 26 novembre 2007

Nice - Nice : le choc étudiants-président

«Avec cette loi, le président d'université aura tout pouvoir sur la gestion dupersonnel». Sarah (SUD-Educ) n'a pas fini sa phrase que l'intéressé fait son entrée, eninvitésurprise, dans l'amphi 68 de la fac de lettres. Murmures, applaudissements, puisvifséchanges et brouhaha : le débat a été houleux hier entre Albert Marouani, sesétudiants etle personnel, lors de la 2e assemblée générale consacrée à la loi Pécresse surle plusgros campus niçois.

Les 300 participants craignent une « privatisation » des facs ? Albert Marouani monte au front : « Il y a peu de risque que l'entreprise fasse la politique de l'université. C'est une fiction totale ! » Huées. Un « ancien combattant de 86 (1) » dénonce « un numéro de Tartuffe ! Cette loi est fourbe et hypocrite. Dites-moi, les yeux dans les yeux, comment vous voyez les pouvoirs du président ? »

« Ce n'est qu'un élu parmi ses pairs. Il ne peut pas gouverner de manière autoritaire, cette AG en témoigne », tempère Albert Marouani. Mais il ne parvient pas à rassurer un professeur : « Les présidents avaient suffisamment de pouvoirs. Les renforcer, c'est un vrai péril pour les recrutements futurs d'enseignants-chercheurs ».

« Attention ou le service public est foutu ! »

Oui mais : « Il y a une nécessité absolue de réformer les universités françaises », martèle Albert Marouani. « La concurrence existe déjà avec le privé. Attention : si on revient à l'ancien système, le service public est foutu ! »

C'est chaud-bouillant en fac de lettres. Son assesseur à la pédagogie, Alain Tassel, traduit le malaise ambiant : « Quelle est la place des lettres, arts et sciences humaines dans cette nouvelle loi ? » Une étudiante ajoute, dans un cri du c?ur : « La fac, on m'avait dit que ce serait le bordel, mais je ne pensais pas à ce point. Est-ce que vous vous sentez concerné par notre sort ? » Albert Marouani assure que « tout est fait pour ne pas marginaliser cette faculté. Il est hors de question d'élaguer des branches de notre université... »

Il ne sera pas le seul à être chahuté. L'Unef aussi, dans la lignée du clash avec la coordination nationale étudiante. Julien, président du syndicat étudiant à Nice, plaide « pour la convergence des luttes. Mais aujourd'hui, qui reste-t-il, à part étudiants et lycéens ? » En guise de réponse, un révolutionnaire en pantacourt clame : « Les étudiants sont la poudrière de la France. On peut faire tomber le gouvernement ! »

1. Lors des manifs étudiantes contre la loi Devaquet, qui prévoyait la sélection et une concurrence entre universités.

Christophe Cirone
Nice-Matin

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