Ils étudient dans la même université. Auraient pu être amis. Les voilà adversaires sur le terrain politique.
Militant contre militant
Dépolitisés, les jeunes ? Pas eux en tout cas. Ni leurs camarades en droit, mais aussi en sciences, lettres, psycho, à l'IUT, en BTS, qui s'investissent dans la grande joute municipale des 9 et 16 mars. Tractent, débattent, supportent. Et y croient !
« Ma mère a toujours été engagée syndicalement. Et la première fois que j'ai voté, c'était en avril 2002... J'ai fait toutes les manifs », explique Frédéric Bachelier. Il a rejoint MJS et PS début 2006, « juste avant la crise du CPE. ça a renforcé mon esprit militant ». Puis Frédéric a pris les rênes du MJS fin 2007.
« A 15 ans, j'ai rejoint le conseil régional des jeunes par conviction d'agir », témoigne Romain Giraud. « A 18 ans, j'ai pris ma carte à l'UMP. L'an dernier, j'ai fait campagne au côté d'Eric Ciotti pour les législatives. Sarko a lancé une grande dynamique ».
Frédéric, lui, milite pour Patrick Allemand, car il veut Changer d'ère, nom de la liste PS-PC-Verts. Les Jeunes socialistes lui ont soumis et fait adopter un « projet jeunes ». Pas loin du « projet pour la jeunesse » porté par Christian Estrosi, conçu par une commission de 25 Jeunes pop, souvent étudiants. « La campagne se fait avec les jeunes », souligne Romain.
L'université en force !
Leurs idées diffèrent. Leurs méthodes se ressemblent.
Frédéric et ses camarades tiennent la permanence Allemand, réalisent t-shirts et drapeaux, ont applaudi samedi « Ségo » à Nice.
Romain et les Jeunes pop' suivent leur favori sur le terrain, militent à la sortie des lycées, des facs. « Il faut parler aux jeunes de ce qui les touche : logement, loi Pécresse? », note Mélanie Brenier, 21 ans, en L3 de droit? et 50e sur la liste Estrosi.
La vie privée ? « Ces jours-ci, elle passe en dernier », sourit Frédéric. « Je me bats pour ma ville, que j'aime et que je vis au quotidien. Si on ne gagne pas, je serais vraiment déçu. Le MJS, ce n'est pas un tremplin. Mon but est de défendre des idées. »
En pleine séance tractage avenue Jean-Médecin, Romain s'avoue « honoré d'être sur une liste. ça me plaît, c'est Nice quand même ! Le danger pour un favori, c'est de croire que c'est plié. »
Deux combats, un même espoir. Et une certitude : l'université est présente dans la campagne à tous les étages et de tous les bords, de Patrick Mottard, prof en lettres et candidat PS dissident, à Jean Guarino, maître de conf à l'IAE et n° 35 sur la liste de Jacques Peyrat.