Olivier Echouafni aime ladaurade grillée, le cocarondelle, les hommesfrancs, les femmes fidèles, lerire de ses enfants et les sortiesen mer avec ses cousins.Il aime aussi siffler,sous la douche ou ailleurs,‘’Mes amis, mes amours, mesemmerdes’’ de Charles Aznavour,moins connu dansles vestiaires des temps modernesqu’un rappeur dequartier. Il aime encore lapaella, le bleu, le soleil, lefilm ‘’Les évadés’’, l’huiled’olive, les moments en familleet les magazines quilui tombent sous la main. Ilaime enfin oublier ses 35 balaisen courant derrière unballon ou un adversaire.
« C’est ce que j’ai fait contreLens sur l’action du penaltyoù je commets une faute degamin. A mon âge... Çaprouve qu’on peut avoir del’expérience et faire preuvede naïveté. Ça prouve aussiqu’en pleinmatch, on ne peutpas tout calculer, tout maîtriser.Quand je reviens surRamos après un sprint de 50mètres, ce qui n’est pas vraimentmon point fort vous lesavez, je pense vraimentprendre le ballon. Mais je mejette comme un cadet. Jecomprends aussitôt que l’arbitreva siffler ‘’péno’’. Après,je m’accroche à celui qui estau-dessus de nos têtes. Je medis qu’on ne peut pas revivreles désillusions de Toulouseet Rennes qui nous avaientrejoints en fin dematch. Maisj’ai un bon pressentiment ».
On connaît la suite. Le poteaubéni. Et la fin heureuse.« Il y a longtemps que jen’avais pas senti une tellecommunion entre le Ray etnous. Le public nous a aidés.Il nous a portés ».
RécupérationTrois jours après Marseille,le Gym s’offrait le scalp deLens. Belle collection. Mais‘’Chouf’’ n’est pas du genreà jouer aux cow-boys et auxIndiens. « Il ne faut pas s’enflammer.Le foot va si vite...»Lui tient la cadence. Mêmecelle infernale d’un moisd’août surchargé.Irréprochable au Vélodrome,le capitaine fut encoreexcellent dimancheface aux gens du Nord.
Homme du match pour‘’Nice-Matin’’ et ‘’L’Equipe’’,il a fait l’unanimité.C’est simple : il a récupéréplus de ballons en deuxmatchs que ceux touchéspar Pauleta depuis l’èreLe Guen.Lui a trop de bouteille pouravoir la tête qui tourne. « Jeme sens bien. Alors, j’essayede le montrer sur le terrain ».Ça se sent. Ça se voit.
Il faut dire qu’il ménage sesvieilles jambes. Récupération,sieste,massage, soins.L’ancêtre n’oublie rien. Pasmême l’aspect psychologiquede la chose. « Je travaillemon mental pour êtredans les meilleures conditionspossibles ». Il n’en dirapas plus. Mais on l’imaginemal se taper la tête contreun mur.
Syndicalisme...Question hygiène de vie, ilconnaît les réponses. « J’aides gens compétents autourde moi ». Il a aussi unefemme très à l’écoute.« La stabilité est primordialepour durer ».Lui dure. S’attarde dans cemilieu qu’il voit changerjour après jour.
« Tout va plus vite... Avantpour être considéré commeun bon joueur de L1, il fallaitau moins trois saisons. Aujourd’hui,il faut troismatchs.Les jeunes qui flambent seretrouvent de suite à la une ».Et puis il y a l’argent. Lesagents. « Ils ne sont pas tousà mettre dans le même sac,mais certains gonflent la têtede leurs joueurs. Dès lors, ilne faut plus s’étonner quecertains jouent pour leurgueule et leurs stats. Ons’éloigne de plus en plus dusport-co. C’est le système,mais ça me choque. Moi, jen’ai jamais été égoïste. Et jene changerai pas ».
La preuve : Antonetti l’appellele syndicaliste. Celuiqui vole au secours desautres. Des petits, des blessés,des fragiles. « C’est auxvieux comme moi de râler ».Sur le terrain comme en dehors,‘’Chouf’’ joue pour lesautres. Il donne. Le ballon,des conseils, du temps.
ProlongationLa retraite? Il y pense forcement.Il a ses points... Ilest en fin de contrat, en finde parcours. Mais il ne saitpas encore si la saison 2007-2008 est la dernière qu’il traversemaillotsur le dos. « Jesuis dans le flou sans meprendre la tête. Je profite. Jedéciderai plus tard. Mais simon corps suit pourquoi nepas continuer ? »
Après, il restera sûrementdans le football. Peut-êtreauprès des jeunes. Pourtransmettre. Encore.En attendant, il court, savoure.« On vient de marquerl’histoire du club en gagnantà Marseille. On aconfirmé contre Lens. Maisl’objectif reste le même : lemaintien ».
Il n’a pas oublié le débutcauchemardesque qui avaitnoirci une saison dernièreancrée dans les mémoires.« On veut s’en souvenir. »Aujourd’hui, il avouequelques certitudes qui incitentà plus de sérénité.« A une époque, on nous reprochaitd’être une équipeagressive. Qui souligne quenous sommes maintenantune équipe qui joue au ballon?On est mieux dans lejeu, dans l’animation, onpeut très vite se projeter versl’avant ».
AnniversaireSouvent oublié de l’équipetype lors de la naissance duchampionnat, ‘’Chouf’’ a faitla sourde oreille. C’est deson âge... « Ce n’est pas lesjournalistes qui font le onzede départ, c’est le coach.Moi,j’ai toujours accepté laconcurrence. A Marseille,j’étais à la lutte avec Makeleleou Pires. A l’OM, à Strasbourgà Rennes, à Nice, jeme suis toujours battu pourgagner ma place. Je suis uncompétiteur. Je n’ai pasperdu l’envie de jouer ».Ni celle de gagner.
Le 13 septembre, le Mentonnaisde Roquebrune fêterases 35 ans.Ne lui offrez pas un déambulateur.Il n’en a pas besoin.