Trente et un ans que le Gym attendait ça. Qu’il repartait du Vélodrome sans connaître le parfum d’une victoire. Et hier tout a basculé. Sur deux initiatives dedeux anciens Stéphanois,Hognon et Hellebuyck, buteurs de charme d’une équipe séduisante et pimpante. Rodriguez et Givet, les anciens Monégasques sous l’oeil attentif de Didier Deschamps doivent se croire maudits ! Eux qui vivaientl’enfer avec l’équipe de la Principauté contre ces mêmes Rouge et Noir ont revécu le même cauchemar le soir où ils espéraient que la roue tournerait enfin.
Mais ce Gym avait trop depeps, trop d’envie, tropd’idées pour des Marseillais en panne de tout. Si Nice ne menait pas déjà à la mi-temps, ils le devaient à l’extrême agilité de Steve Mandanda, le meilleur Marseillais, un comble.
Séduisants NiçoisLes partenaires d’Olivier Echouafni, décomplexés et entreprenants justifiaient parfaitement les espoirs placés en eux par leurs supporters. Tout bloquer, tel était leur mot d’ordre en début de match. Et se jeter sur la moindre ouverture. Comme dans un premier temps Albert Emon n’avait pas osé l’option très offensive avec Niang et Moussilou, le fameux round d’observation avait duré une éternité. Comme par hasard, Nasri, le patron semblait ignoré par ses partenaires.
En voyant Gaël Givet les quitter avant la fin du premier quart d’heure, les Marseillais perdaient une partie de leur âme. Au moins une bonne dose de confiance. Un Bamogo remuant semaitla perturbation. L’OM se contentait de peu, de trop peu. Et surtout offrait des enchaînements de passes trop monocordes pour déstabiliser le moindre bloc.
Comme chloroformés ou anéantis par la chaleur et emportés par quelques rafales de vent tourbillonnant. Cana attendait la 17e minute pour dessiner un premier tir capté confortablement par Lloris. Nasri l’imitait sans plus de réussite.
Ederson perd ses duelsEt le Gym continuait à s’appuyer sur ses valeurs, sur ses schémas, sur son sens de l’organisation. Et sur les éclairs de son Brésilien pour déranger l’ordre établi. Comme à la 27e et à la 29e minute où se présentant seul sur des caviars de Bamogoet Hellebuyck, il voyait pourtant Steve « bondissant» Mandanda effacer ses deux tentatives.
La pagaille s’installait aussi vite que le doute dans les têtes marseillaises sans inspiration devant le problème posé. Nasri, Ziani, Valbuena allaient tricoter dans le vide jusqu’au bout de la nuit.
Hognon avec la rageEmon tentait l’option Moussilou avant de sacrifier Taiwo au profit de Zendenpour effacer la torpeur ambiante. Peine perdue. Le copinage Mandanda -Ederson continuait à distance. Le gardien sortait encore du bout des gants un admirable coup franc du meneur. Avant de s’incliner logiquement sur le corner de son nouvel ami face à un Hognon étrangement délaissé au second poteau et bénéficiant d’une déviation astucieuse d’Echouafni (51’).
C’était le début de la fin pour l’OM.Celui du grand bonheur pour un Nice de plus en plus euphorique au fil des minutes. Hellebuyck assomme l’OM Valbuena passait une fois Rool mais la tête de Moussilous’envolait à gauche(80’). Et sur une dernière poussée géniale de Baky Koné, Hellebuyck prenait tout son temps pour battre une seconde fois Mandanda abandonné par tous les siens(88’).
Les tribunes grondaient. Les Niçois repartaient avec un sourire grand comme ça. Jamais l’autoroute n’avait été aussi courte.