Édition du vendredi 12 octobre 2007
Hellebuyck : ‘‘ Au Ray, on n’a pas le droit à l'erreur et ça marche!
Sur les onze matchs disputés par le Gym cette saison (dix en Ligue 1, un en Coupe de la Ligue), David Hellebuyck en a débuté dix comme titulaire. Jamais remplacé, une seule fois remplaçant (à Nancy, 1-2). 919 minutes sur 990 possibles, deux buts (dont celui qui scella la victoire à Marseille en fin de match), une passe décisive… Il n’a pas fallu longtemps à la recrue de l’inter saison pour discrètement imposer sa patte gauche dans le système de Frédéric Antonetti.Même au sortir d’une saison gâchée dans la tragédie du PSG version 2006-07, un club dont il porta davantage les couleurs à Saint-Germain-en-Laye en CFA qu’au Parc des Princes.Il faut dire que le Corse savait à qui il avait à faire pour avoir dirigé notre homme quasiment trois saisons à Sainté.
La « Buyck », il faut savoir la conduire. Une fois qu’Anto a pigé la notice d’utilisation, il a pu s’appuyer sur lui pour faire rouler les Verts vers la Ligue 1. A Nice, l’entraîneur des Aiglons l’impose comme subtil complément de Cyril Rool. Hellebuyck avait besoin de se relancer. Tout le monde est content.
•Quelle analyse faites-vous du match au Mans?
Après une bonne entame, on prend un but évitable qui nous a démobilisés.Je ne comprends pas pourquoi on a baissé les bras à 1-0, c’est comme si on n’y croyait plus alors qu’il y avait la place de revenir.
• Pourquoi une telle différence entre vos performances au Ray et à l’extérieur?
A chaque fois qu’on joue au Ray, on est au pied du mur, on n’a pas le droit à l’erreur et ça marche. Et le match d’après, on se dit qu’on a le temps et qu’on gagnera de toute façon au Ray. C’est un cercle vicieux.Il faut que tout le monde soit conscient qu’il faut faire beaucoup plus d’efforts pour obtenir des résultats chez les autres. Il faut se comporter comme des guerriers,jouer comme si c’était notre dernier match. Les années passent, je n’ai pas envie de vivre une saison moyenne.
•A quel niveau cela se joue-t-il?
Le mental et la motivation, je pense.• La motivation, vous l’aviez à Marseille… On y a fait un match référence, on ne les a pas laissés respirer. Il faudrait jouer tous les matchs comme ça. Après toutes les rencontres sont différentes.Au Mans, on s’est créés des occases. Il faut être réaliste devant le but. Comme on a su l’être à Marseille. Pour ça, il faut aussi de la réussite.
•Êtes-vous inquiets?
Non, je crois que ça va venir. En tout cas, on a le potentiel. On sait jouer en contre et on a les armes pour. Tout dépend maintenant si on est prêts à faire les efforts pour faire mieux que ce que l’on fait actuellement…
•Après Metz au Ray, vous vous déplacez à Lorient qui semble être au point mort. Une bonne opportunité?
Tous les matchs sont compliqués,quel que soit l’adversaire. Au Mans,à Auxerre ou à Caen, il n’y avait personne dans le stade, zéro ambiance.On aurait dit des matchs amicaux! Ça nous a peut-être endormis.C’est pour ça que j’évoquais la motivation et la préparation mentale.Il faut savoir ce qu’on veut, être plus déterminés.
•A l’intersaison, des rumeurs vous prêtaient un transfert en Angleterre,qu’est-ce qui vous a poussé à signer à Nice?
L’Angleterre, c’est des bruits de couloirs, pas autre chose. A vrai dire, après la grande réussite de ma saison au PSG (rires), il y avait pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Jusqu’à cette touche avec Nice.
• La présence de Fred Antonetti,que vous avez côtoyé à St-Etienne,a penché dans la balance?
C’est sûr, c’est quelqu’un que je respecte énormément. Au début à Saint-Etienne, j’avais du mal à exprimer mes qualités. Il a d’abord employé la méthode forte. Ça ne marchait pas. Puis il a commencé à me faire confiance, tout simplement.
• Et il continue de vous faire confiance ici : vous avez presque toujours été titulaire?
Je n’avais pas joué depuis six mois.Je savais que j’aurais du mal à reprendre le rythme mais que ça allait revenir en jouant beaucoup.Frédéric m’a fait confiance. Et si je me suis rapidement adapté, c’est aussi grâce à Nabil (le magasinier).C’est un travailleur de l’ombre, on n’en parle jamais. Pourtant, il fait tout pour qu’on soit bien.
• Et ça marche : deux buts, une passe décisive… C’est pas le Pérou! Je suis perfectionniste,je veux apporter plus.
•Pourquoi n’avez-vous pas réussi à vous imposer à Lyon et Paris?
Peut-être que je ne suis pas fait pour les « gros » clubs. Il y a trop d’affaires autour. A Paris, la pression médiatique, c’était un truc de fou! Ça frisait le ridicule parfois.On nous tirait dessus en permanence.Si les médias étaient un peu moins virulents, je pense que le PSG s’en sortirait mieux. Même si je comprends queles gens attendent beaucoup parce que le club a une histoire,qu’il a gagné des titres. Là bas,j’ai donné mon maximum.Mais apparemment, ce que je faisais ne plaisait pas. Je me souviens de mon dernier match. J’ai eu l’impression de tenter énormément, de prendre des risques. Forcément, il y avait du déchet. Et les sifflets qui vont avec. Tu rates une passe, tu te fais démolir.
• Vous avez passé cinq ans à Lyon,un an à Guingamp, cinq ans chez les Verts, un an à Paris… A 28ans, souhaitez-vous vous investir sur le long terme au Gym?
A Paris, j’avais tiré des plans sur la comète, je voulais m’imposer,m’investir. L’expérience m’a un peu refroidi. Maintenant, je prends les choses comme elles viennent.
•Le PSG, un grand fiasco?
Sportivement, c’est sûr que c’était pas top. Mais j’ai malgré tout beaucoup appris sur moi-même.C’est le principal.
• Au fait, passer cinq ans chez les Verts après avoir été formé à Lyon, c’est pas vraiment recommandé par les supporters ça, non?
J’ai toujours aimé le football mais je n’ai jamais été un fanatique. En fait, quand j’étais petit,les stars pour moi, c’était les joueurs de Concordia, le petit club de ma ville, dans l’Ain. Tout simplement.
JULIEN CRÉVELIER
Nice-Matin