A Hyères, l’art moderne aura-t-il ses entrées dans le futur grand musée prévu à quelques mètres de la mairie? En attendant c’est dans une tour duMoyen Age que les artistes contemporains trouvent refuge depuis plusieurs années. Quel contraste, dès le parvis tout en haut de la vieille ville, entre l’affiche abstraite qui annonce l’expositionde Pierre Anfosso (1928-2004) et la lourde porte romane de ce monument historique érigé par les Templiers!A l’intérieur, pénombre et chuchotements d’église sont à peine troublés par le bruit des pas dans les escaliers en bois. La lumière atténuéede Pierre Anfosso balise doucementles lieux avec des bleus foncés profonds comme la série des « Chartres »,des monochromes rouges tel ce« Champ étrusque ».Le style Anfosso (un ancien élève desBeaux-Artsde Toulon), proche de celuid’un Nicolas de Staël, est caractérisépar des aplats épais se chevauchant,comme sur une palette. Ses ports, sesplages ou ses nuages, brouillons à première vue,demandent un peu de recul. A chacun de trouver « sa » bonne distance pourmieux apprécier l’équilibrede l’ensemble. Un ou deux pas en arrière suffisent parfois pour passer de l’abstrait au figuratif et vice versa, dansun glissement délicat de lumières etde couleurs.
«Iris en Provence»
Cet art des couleurs est évidemment àrapprocher du goût particulier de l’artiste pour les fleurs et plus spécialement pour les iris qu’il passa sa vie à collectionner. Dans les années 70, il créa même une entreprise familiale aujoli nom Van Goghien, d’Iris en Provence.Ce label hyèrois est aujourd’hui connu dans le monde entier. L’oeuvre peinte de Pierre Anfosso –restée aussi discrète que l’homme l’était – mérite aujourd’hui la même notoriété. MARIE-PIERRE PAULICEVICH
■ PierreAnfosso,Tour des Templiers, Hyères, jusqu’au 22 mars. Ouvertdu mercredi au samedi de 10 h à 12 het de 14 h à 17h30. Tél. 04.94.00.78.80.