Une engueulade au volant qui finit mal. Une ex-star de la chanson des années 80 meurt dans un accident provoqué par un modeste employé d’une grosse société du quartier de La Défense à Paris. Mais au lieu de prendre la direction du paradis, comme tout un chacun, Gilles Gabriel la victime s’installe dans la tête de Jean-Christophe Ranu le piéton. La coexistence des deux individus dans le même corps ne sera pas tous les jours pacifique. Au boulot comme à la maison, il faut réapprendre à vivre, pour l’un comme pour l’autre. Alain Chabat dit avoir eu le coup de foudre pour le scénario que lui soumettaient Nicolas et Bruno, un tandem qui a fait ses classes humoristiques en diffusant pendant trois ans un « Message à caractère informatif » dans « Nulle Part Ailleurs » sur Canal+. Il s’est fait producteur de leur premier long métrage, en s’accordant en plus le rôle de Gilles Gabriel. Un rôle plus parlé que visuel qui n’est pas sans rappeler sa prestation en chien dans « Didier », mais un tournage difficile, soupire-t-il. Il était tous les jours sur le tournage pour vraiment faire équipe avec un Daniel Auteuil installé plein écran de la première à la dernière image, et avec lequel il dialoguait par oreillette interposée. Cette omniprésence traduit les limites d’un scénario qui n’a pas de quoi remplir un long métrage. Au-delà de la satire acide du quotidien de l’entreprise, symbolisée par le style de vie étriqué et routinier du brave Jean-Christophe, célibataire amoureux de sa chef, le récit n’a pas grand-chose à raconter. Il lambine dans des scènes répétitives et plates que le choix presque exclusif de mise en scène, le « héros » face à la caméra, ne peut guère secouer. Il faut s’armer de patience et de bienveillance, avant l’irruption d’un final enlevé et drolatique. Mais bien tardif. C.R.