Pourvu que ça dure. La vie est belle pour Tom. Il ignore tout des fins de mois difficiles, et son quotidien est une succession de conquêtes aussi nombreuses que fugaces. Par crainte de tomber dans le piège d’une liaison durable, il s’est fixé quelques règles de conduite, comme celle de ne jamais coucher deux soirs de suite avec la même créature. Hannah est la seule relation qu’il se connaisse. Depuis une dizaine d’années, il en a fait sa confidente et sa complice. Aucune ambiguité dans leurs rapports, ils sont comme frère et sœur. Mais quand un déplacement professionnel l’envoie en Ecosse pour six mois, Tom se rend compte qu’elle lui manque terriblement. Les feux de l’amour sous la flamme de l’amitié. Il compte lui déclarer ses sentiments dès son retour, mais elle revient dans les bras d’un riche Ecossais qu’elle présente comme son futur mari. A sa demande, Tom veut bien jouer les garçons d’honneur. Mais c’est avec la ferme intention de faire capoter ce mariage pour jouer sa propre carte. On peut vous vendre la mèche, bien sûr qu’au générique de fin, ce sont Tom et Hannah que l’on verra s’embrasser devant monsieur le Maire. Le seul « suspens », dans une comédie romantique, c’est de voir quel itinéraire prendront les deux tourtereaux pour se rendre à l’évidence de leur passion. Le périple dans une Ecosse de carte postale vaut au scénario quelques gags et plaisanteries, certes un peu trop attendus, mais auxquels on pourra encore trouver un soupçon d’efficacité. De quoi sourire ici et là, comme on le fait aussi à l’occasion de petits soubresauts, bons mots et péripéties agrémentant un récit bien pépère. Il n’y avait rien de plus à espérer d’un metteur en scène au passé très quelconque. Paul Weiland c’est « La vie, l’amour, les vaches », « L’or de Curly » ou « Pour l’amour de Roseanna ». Mais son métier assure le rendement minimum du propos car il a face à sa caméra un couple pas dénué de séduction. Entre assurance et fragilité, Patrick Dempsey compose un personnage de soupirant plutôt touchant face à une Michelle Monaghan dont le charme discret opère comme un filtre d’amour. Quelques séquences de nostalgie en prime, avec une dernière et savoureuse prestation à l’écran de Sydney Pollack récemment disparu. Il se régale en victime consentante qui ne sait même plus à combien de noces il en est, signant d’une même main le contrat de mariage et celui du divorce! C.R.