Logement : « Les étudiants c’est un bon commerce! »
«Cette année, ça me prendvraiment la tête ! » Et pourcause. Tiphaine, 20 ans, chercheun logement pour la rentrée depuis…mai. Avant de regagnerl’IUT à Cannes en troisièmeannée d’Info-Com, elle a commencéà chercher depuis saDrôme d’origine. Elle n’en revientpas. « Ici, je cherche un studiopour 450 g max. Là-bas, pource prix, tu as un F2 ou un F3… » Alors Tiphaine galère. Toutcomme de nombreux étudiantssur une Côte d’Azur où lesplaces sont chères. « A l’heure dela rentrée, rencontrez-vous desdifficultés pour trouver un logement?» A cette consultation informellequi leur était soumisecette semaine sur notre sitewww.nice.maville.com, 4 sur 5ont répondu « oui ». Les agences immobilières ? « Inaccessiblepour Tiphaine. Entrele premier loyer, les honoraires etla caution, il faut payer l’équivalentde 4 mois ! Quant aux appartsque j’ai visités, ça revenaità du camping d’intérieur… » Tiphaines’est inscrite chez unmarchand de listes, sans trop ycroire. Elle crèche chez son petitami à Nice-Est, provisoirement.« Je ne veux pas trop profiter, etj’ai envie d’avoir mon intimité ».« Trouver un toit, c’est LEsouci de la rentrée »Nouvel arrivant en 3e année dePsycho à Nice, Kaled n’est pasmieux loti. S’il ne trouve pas, ceVarois envisage des allers-retours…depuis Fréjus. « Les logementsà Nice sont très chers,et c’est pas du luxe. Les étudiants,c’est un bon commerce ! »Et un « produit » mal coté,comme en témoigne Christophe,25 ans. Cet étudiant en journalismeà Nice a fait le tour desagences, puis lâché l’affaire. « Quand je disais mon statut, onme répondait : “ Ah je regrette, lespropriétaires ne louent pas auxétudiants ”. Les jeunes restentconsidérés comme peu solvables,synonymes de bruit et de saleté…»Du coup, trouver un toit est àses yeux « LE gros souci de larentrée ». Ses recherches sur Internetl’ont rassuré. Christophea trouvé des annonces en pagaille,en colocation. « Ça revientmoins cher, et il y a en généralune super ambiance ».Tiphaine, elle, a mal vécu lamême expérience. Mais elle neferme pas la porte à la vie degroupe, avec sa bourse de 400 gpar mois et des parents « qui neroulent pas sur l’or. Ils m’ont mis6 mois de loyer de côté, qu’il faudraque je rembourse en partieune fois dans la vie active ». C’est, d’ailleurs, le prochain défiqui attend un étudiant sur deux :trouver un boulot cette annéepour financer leurs études… etleur toit.