La Nuit

Édition du mardi 18 mars 2008

Nice. "L'Idéal".
Mercredi 12 mars 2008.
21h19

Les Distilleries Idéales, ce bistro surnommé « L'Idéal » par le commun des Niçois, constitue le point de départ de nombreuses soirées. Ici, on n'a pas attendu l'interdiction du tabac pour mélanger les genres de clientèle. Pour un peu on se croirait dans le décor d'une sitcom américaine qui ferait cohabiter les clichés pour « fédérer » un public le plus large possible. Là, il y a « l'intello de service » : le gars, seul avec ses lunettes, plongé dans un bouquin avec une pinte de bière à laquelle il ne semble jamais s'attaquer. Il y a aussi les « joueurs », installés par paires, qui jouent au backgammon ou aux échecs la tête entre les mains. Bizzarement, pas de filles dans ces deux dernières catégories. Elles sont plutôt confinées dans les « bandes de copines » trop jeunes et/ou trop pauvres pour se la jouer « Sex in the City » (vous savez, les working girls new-yorkaises de M6). Autre catégorie : les « cyber clients » qui squattent le Wi-Fi. Il y a aussi la « caution familiale », à savoir un enfant perfusé au Coca Cola avec ses deux parents qui-sortent-depuis-l'interdiction-de-fumer. Dans le même registre : les poliment appelés « seniors » cheveux blancs ou pas (de cheveux). Les « alcolos » et les « fêtards » sont les meilleurs clients du bar. Ce soir, il manque le « fan » flanqué de son blouson Tokio Hotel. Mais pas les deux ou trois « rastas », qui viennent pour la musique. Une « bobo » consomme son verre de gigondas. Des « Anglais » se sont échappés d'un pub. Et le « plumitif », caché derrière l'une de ces dernières catégories, cherche l'inspiration pour son prochain « Pas couchés ».

EM
Nice-Matin

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