Édition du mercredi 08 août 2007
OGC Nice : les dessous d'une vente
Ancien reporter deguerre, devenu patrond’Air Inter puis homme d’affaires,le Lorrain Michel Leblanc,à 67 ans, s’est donnéun nouveau défi : le rachatde l’OGC Nice. La rumeur quibruissait depuis quelquetemps est devenue réalitélorsqueMichel Leblanc, à latête d’un groupe d’actionnaires(adossé à UBS, l’Uniondes Banques Suisses) a révéléson projet, hier dansnos colonnes.
L’OGC Nice est donc àvendre, et Michel Leblanc(qui a commandé un auditdu club) entend tenir labarre des nouveaux repreneurs.Depuis plusieurs semaines,il est en relation avecGilbert Stellardo et MarcelGovernatori,qui détiennent àeux deux 62 % des parts del’OGCNice. LeprésidentMauriceCohen, qui est petit actionaireetsalarié du club, n’aété mis au courant de l’existence de Michel Leblanc que la semaine passée. Les deuxhommes ne se sont jamais rencontrés.Surprenant, non?
Cohen pas prévenu
« En effet, mais il y a beaucoupde choses surprenantesdans le football », répondMaurice Cohen. Le Gymétant parmi les petits budgetsdepuis cinq ans, et ayanttoujours sauvé sa place enLigue 1, le bilan de MauriceCohen est bon, eu égard auxmoyens. « Il gère le club auplus près, comme un épicier,mais c’est exactement la façondont il faut procéder à Nice »,confie un dirigeant du footballfrançais. La place deCohen est-elle cependant menacée?« Je ne m’inquiète pasde ça, je suis prêt à céder monposte », dit-il. « Ma prioritéconcerne l’aspect sportif. Et detoute façon, si vente il y a, ellene se fera pas dans l’immédiat.Il y a tout un processus assezcomplexe à respecter, que jene vais pas vous détailler ».
Un processus expliqué en partieen 2002, lors du précédentrachat. Une clause précisequ’en cas de revente, cinq actionnairessont en droitd’exercer un droit de préemption(dont MM. Stellardo,Governatori, Giudicelli etCohen). En clair : le nouveaurepreneur doit informer parcourrier les cinq actionnaires,qui ont un mois pour reprendrela vente à leurcompte à un prix égal ou supérieur.Or, si Franck Giudicelli(27 % des parts) est enparfait grand froid avec leConseil d’administration, il nesemble pas prêt aujourd’hui àabandonner la partie.
Giudicelli pas d’accord
Quitte à se montrer acide.« Ils (les actionnaires vendeurs)me font tous bien rigoler.C’est facile de quitter lenavire comme des rats quandles caisses sont vides et qu’iln’y a pas de grand stade. Jesuis toujours acheteur,mais j’attendsle résultat de ma plainte(ndlr:au sujet des transferts deMoussilou et d’Ederson) et del’audit du 4 septembre que j’aicommandé ». Franck Giudicelliévoque même une « minoritéde blocage, à 25%, présentedans les statuts », qui luipermettrait d’empêcher latransaction. Un point démentiau club. « La vente nese fera pas », argue FranckGiudicelli. Pour l’instant, un« protocole d’intention devente, a été signé, préciseMaurice Cohen, qui définit lecadre de la transaction, entreMichel Leblanc et MM. Stellardoet Governatori ».
Le repreneur va devoir visiblementse montrer convaincantpour trouver un terrainpropice à la construction deson projet ambitieux.« Depuis cinq ans, noussommes convaincus que leclub a besoin d’une seule voixau pouvoir, avec un actionnairefort et majoritaire. SiM. Leblanc est celui-là, tantmieux pour l’OGCN », observeMaurice Cohen.
François Paturle
Nice-Matin