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Nice-Matin
Actualité Alpes-Maritimes
mercredi 30 juillet 2008

Alpes Maritimes - Vol d'identité : un Mouginois a vécu 10 ans sous le nom d'un autre

 D'origine roumaine, ces femmes sans ressources, arrivent le soir, rue Saint-Philippe, en traînant leur chariot et leurs enfants. Pour faire leur marché dans les poubelles d'un supermarché et récupérer parmi les déchets, tous les produits encore consommables.  :  Photo Philippe Bertini D'origine roumaine, ces femmes sans ressources, arrivent le soir, rue Saint-Philippe, en traînant leur chariot et leurs enfants. Pour faire leur marché dans les poubelles d'un supermarché et récupérer parmi les déchets, tous les produits encore consommables. : Photo Philippe Bertini

C'est une histoire à dormir debout qui vient de trouver son dénouement, lundi, devant tribunal correctionnel de Grasse. Pendant 10 ans, un Mouginois de 40 ans, père de trois enfants, a usurpé l'identité d'un autre dont il avait intercepté le dossier de demande de carte d'identité. Confondu par la justice, l'usurpateur qui se nommerait Salim Nouar et serait en situation irrégulière en France, a été condamné à 12 mois de prison pour usurpation d'identité et 6 pour séjour irrégulier.

En 1997, Assen Taleb, jeune homme né à Saint-Tropez en 1977, dépose une demande de carte d'identité en préfecture de Toulouse. L'administration lui apprend que des papiers ont déjà été attribués par la préfecture de Nice à une personne portant le même nom et ayant la même filiation et la même date de naissance que lui.

Très vite, Assen Taleb se retrouve interdit bancaire pour un compte qu'il n'a jamais ouvert. Et lorsqu'il se présente pour un emploi dans la sécurité, il est recalé à cause de son casier judiciaire entaché de multiples condamnations pour des délits qu'il n'a jamais commis.

« Pendant 10 ans, cet homme a eu une épée de Damoclès au-dessus de la tête, ne sachant pas, quand il ouvrait sa boîte aux lettres, ce qu'il allait y trouver : un courrier d'une banque, de la justice... » a plaidé son avocat Me Medous-Meliet qui demandait 30 000 e de dommages et intérêts.

Dans le box des détenus, le Mouginois a affirmé être le vrai Assen Taleb. « J'ai été adopté. Je porte le nom que la famille m'a donné. Je ne sais rien d'autre de mon passé », a-t-il répondu au président Alain Ramy qui, lui faisant passer un test, l'interrogeait sur les prénoms de ses frères et soeurs, le lieu de naissance de son père...

« Pourquoi avoir déclaré vos trois enfants sous le nom de Salim Nouar ? » lui a demandé la vice-procureure Josy-Danielle Olini.

« C'était un faux nom », a assuré le prévenu sans donner plus d'explications. Pas d'explications non plus sur comment le dossier de demande de papiers d'Assen Taleb est arrivé entre ses mains.

« Ce monsieur connaît mon frère, a indiqué la victime. Or, j'avais envoyé à mon frère toutes mes pièces par courrier ».

Pour finir, Me Cohen-Scali, en défense, pointait du doigt une ultime difficulté. A deux reprises, en décembre 2006 et janvier 2007, l'homme avait été condamné par ce même tribunal pour... usurpation d'identité. On reprochait à celui qu'on croyait être Assen Taleb d'avoir utilisé le patronyme de Salim Nouar, qui serait en fait son vrai nom ! Ubuesque.

M. T.
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