Très en colère, les supporters cannois n'ont pas hésité à traverser le terrain au coup de sifflet final. : Photo A. B.-J. Quel contraste ! Sortis sous l'ovation du public il y a à peine quinze jours après un « gros » match face au Paris FC (2-1), les Cannois ont reçu sifflets, quolibets et provoqué l'ire d'une vingtaine de supporters venue demander des explications après la défaite contre Arles vendredi (0-1).
Le pire, c'est que tout le monde a donné raison à ces personnes qui, pour certaines, n'hésitent pas à parcourir des kilomètres pour se rendre à Coubertin ou en déplacement, comme à Sète et même à Beauvais. Elles n'ont pas apprécié que les Cannois ne mouillent pas le maillot et ont traversé la pelouse pour le faire savoir. « Manque de respect, humiliation », a-t-on pu entendre.
A-t-on surestimé les joueurs ?
Eux comme nous, comme le staff technique, n'ont pas reconnu les joueurs. Cela avait déjà été le cas à Sète. Comment cette équipe, séduisante et conquérante face à Paris, a-t-elle pu perdre toutes ses vertus en quinze jours ? A-t-on crié victoire trop tôt lorsque les Cannois ont occupé de façon symbolique la place de leader après la victoire de Paris ? A-t-on surestimé les joueurs ?
Ces derniers, qui avaient fait naître de gros espoirs après les 8 points récoltés sur 12, ont plongé tout le monde dans le doute : et s'ils n'étaient pas armés pour monter ?
Pour Patrice Carteron, l'entraîneur, et Richard Bettoni, l'homme fort du club, il manque l'essentiel depuis deux matches : l'engagement, l'esprit « National ». Sans cela, il est impossible d'espérer quoi que ce soit. Sans cela, on ne peut pas jouer au foot, ni appliquer un schéma tactique.
Des renforts, oui, mais combien ?
C'est ce qui explique ce jeu incroyablement stérile et trop peu tourné vers l'avant face aux Arlésiens : on ne compte pas le nombre de passes en retrait ou latérales effectuées par des joueurs dominés dans tous les domaines, en particulier celui de l'envie. Et ça, à Coubertin, on ne digère pas...
Personne n'a goûté ce triste spectacle. Et sûrement pas le président, Michel Scotto, que l'on a aperçu la mine déconfite, parti rapidement après le match.
« Il va y avoir des changements », a répété Bettoni aux supporters. Des changements, nous, on veut bien, mais lesquels, et combien ? Car depuis deux matches, ce ne sont pas deux ou trois joueurs qui déçoivent, mais douze ou treize. Les dirigeants envisagent l'arrivée de renforts : en faudra-t-il un par ligne ?
Bref, après six journées seulement, si ce n'est pas encore la crise, ça y ressemble de très près. Et dire que, samedi prochain, se profile un match à Gueugnon...