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Nice-Matin
Actualité Alpes-Maritimes
jeudi 15 mai 2008

Cécité ne fait pas loi

 Julianne Moore, en blonde, et Mark Ruffalo, en aveugle dans le film du Brésilien Fernando Meirelles.<br />  :  Photo DR Julianne Moore, en blonde, et Mark Ruffalo, en aveugle dans le film du Brésilien Fernando Meirelles.
: Photo DR

Un film sur une épidémie de cécité en ouverture du Festival : il fallait oser ! On entend déjà les mauvaises langues persifler que ça ne changerait pas grand-chose au palmarès final et à certaines critiques, si le jury et les festivaliers en étaient soudainement frappés...

Mais, au fond, bien que tardive et difficilement acquise, la programmation de Blindness en ouverture (et en compétition), fait sens. Le film du réalisateur brésilien Fernando Meirelles est finalement assez raccord avec l'affiche décriée du Festival (une blonde évaporée avec un bandeau sur les yeux) et avec les thèmes des autres longs métrages en compétition, assez peu festifs. Peut-être donne-t-il même déjà le ton de ce Festival de post-soixantième anniversaire : angoissé, migraineux et un peu dans le brouillard.

Lumière

Adapté du roman éponyme de José Saramago, prix Nobel de littérature 1998, par le réalisateur de La Cité de Dieu et La Cité des Hommes, Blindness montre comment un groupe d'hommes et de femmes, réunis par le hasard, survit à une soudaine et mystérieuse épidémie qui rend aveugles tous ceux qu'elle touche.

Seule une femme (Julianne Moore) est épargnée. C'est à elle que va incomber la responsabilité de les sauver de la déchéance et de la violence qui les menace, alors qu'autour d'eux la société s'effondre.

Entre film de fin du monde arty et étude psychologique à la massue, Blindness fait songer à un mélange du Temps du Loup (Michael Haneke) et de Dogville/Manderlay (Lars Von Trier). Le traitement visuel, en lumières crues, et la réalisation nerveuse ne parviennent pas à masquer le fait que tout est dit dans la première heure. La deuxième, assez ennuyeuse, achemine péniblement le spectateur vers un happy-end décevant. À part Julianne Moore, teinte en blonde mais toujours excellente, aucun acteur, ni aucun personnage ne surnage vraiment.

À la fin, on est juste heureux de retrouver la lumière.

Philippe Dupuy
Nice-Matin
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