Jean-Luc Baudet pour handballer la Côte d'Azur. : Photo DR C'est un véritable plébiscite qui a accompagné le titre olympique de Pékin. Mais le handball français, pour avoir souvent loupé le train de la médiatisation, garde ses sceptiques quant à sa capacité à rebondir sur l'événement. Jean-Luc Baudet, récemment élu à la tête de la Ligue Côte d'Azur, a lui décidé de jouer la carte de l'optimisme et de l'initiative, à l'heure où les clubs devraient connaître un regain de vitalité.
- Quelle saveur aura eu cette médaille d'or de Pékin ?
- Une saveur exceptionnelle. Un championnat du monde ou un championnat d'Europe, c'est beau mais c'est confidentiel. Ce sont les amoureux du hand qui apprécient la victoire. Mais une médaille olympique, c'est la surexposition du sport au niveau mondial pendant 15 jours. Aux JO, on regarde tout, même les sports où on ne comprend rien. Et puis celle-là était bienvenue. C'était la 40e, elle était en or et c'était le dernier jour avant la clôture. Cette bande d'experts est venue couronner les Jeux. Cette équipe a plu par son professionnalisme, par sa volonté, par sa gestion du début à la fin. Cette médaille est belle parce qu'annoncée. Pour une fois en France, un sport co favori est allé jusqu'au bout. Et puis quand je vois le studio de Canal + ravagé, je suis content... C'est quand même la chaîne qui nous soutient depuis longtemps.
- Déjà deux couronnes mondiales, un Euro, et le licencié doute encore après l'or olympique de voir décoller le handball. Partagez-vous ce sentiment résigné ?
- Non, je pense que ça va décoller parce que par rapport aux autres fois, il y a un véritable engouement. Une médaille olympique ce n'est pas monnaie courante. Il y a déjà eu cette volonté au retour des Jeux de fêter les médailles et les handballeurs étaient en bonne place.
- Mais ce ne sont pas des initiatives fédérales...
- C'est à l'ensemble des structures de se mobiliser, de se tourner vers l'essentiel. Je pense qu'il va y avoir plus de licenciés à la rentrée, ce sera à nous de faciliter cet arrivage. Il faut aussi continuer à surfer avec les médias. Nous avons reçu le dossier de presse de la fédé sur lequel nous appuyer. Nous avons également la possibilité d'acheter des t-shirts, etc. Quand on veut faire de la promotion, tout le monde doit s'y mettre. C'est à nous de faire qu'il se passe des choses pour que l'on continue à parler du hand.
- Il va donc se passer des choses sur la Côte d'Azur ?
- Oui, il y a des idées. Et dans les mois à venir, c'est sûr, une très grosse manifestation.
- Est-ce le moment pour le hand de changer d'ère, de dire adieu au prof de sport et d'accueillir le chef d'entreprise ?
- Effectivement, le handball étudiant est passé de date. Il y a le haut niveau D1, l'équipe de France, qui doit être géré par des professionnels. Et il y a le handball des clubs. C'est une vie associative, c'est un lieu de vie et là-dedans tout le monde doit s'y retrouver.
- Le hand, comme le rugby, est fier de ses valeurs qui se rejoignent d'ailleurs. Mais l'un a un impact important, l'autre pas...
- Parce qu'à un moment, les médias se sont intéressés au rugby et l'ont fait découvrir. Il y a eu des paris de fait par certaines chaînes. Nous, on nous retrouve seulement sur les grands événements, mais il n'y a pas de diffusion de matchs de façon récurrente, sur des chaînes du service public. Il faut que ça passe par là.
- Le hand n'est pas encore un sport majeur, mais vous bombez quand même le torse ?
- Je bombe toujours le torse quand on parle de hand. Je suis très fier de cette équipe de France. Ce que je leur souhaite, c'est de sortir de l'anonymat. Ce n'est pas possible que ces gens-là ne soient connus que par des initiés. Si j'étais publicitaire, j'irais voir les frères Gille... Je pense que c'est le travail de la fédé : faire que ces joueurs soient plus médiatisés.
- Et sponsorisés par du privé ?
- Je n'en pense que du bien, ce n'est pas de l'argent sale ! Il doit être utilisé avec les valeurs que le sport véhicule. Si demain il y a un gros sponsor privé qui veut venir, même sur la Ligue, je suis preneur. Le privé, c'est d'autant plus d'argent qui permettra la pratique du sport et d'autant moins que l'on fera supporter aux clubs.
- Et si ce mécène est - au hasard - un milliardaire russe dont on ne connaît pas la provenance de la fortune...
- Je vois toujours d'un bon oeil un investisseur privé, mais il est toujours bon que les clubs de hand soient gérés par des handballeurs. Il ne faut pas avoir peur de l'investisseur privé mais il faut garder l'éthique. Ce n'est pas « à tout prix ». Il faut être d'accord sur les valeurs.