Cela fait maintenant 20 ans que les derniers locataires ont déserté l'îlot Gambetta... devenu depuis la « honte » du quartier. : Photo Cyril Dodergny D'anciens commerces murés, des bâtiments qui tombent en ruine, sans doute « squattés » par des centaines de rats... Situé entre les rues de France et de la Buffa, l'îlot Gambetta, même caché derrière des palissades, offre un bien triste spectacle. Et cela fait vingt ans que les riverains du bas du boulevard Gambetta le subissent.
Un véritable cauchemar urbain qui devrait enfin prendre fin. « La verrue va disparaître dans les semaines qui viennent », annonce le maire, Christian Estrosi. « J'ai rencontré, le 11 septembre dernier, le président de la Caisse des dépôts et consignations, propriétaire des lieux. Après quelques négociations, je l'ai convaincu de démolir au plus vite ces bâtiments vétustes. Dans l'immédiat, un parking provisoire sera créé sur ces terrains. »
Une soixantaine de voitures pourront s'y garer, en attendant que cet îlot redevienne un centre de vie et de commerce.
Vendue en 2006
Ces bâtisses ont une longue histoire (voir encadré). Et ce n'est qu'en 2006 que le CHU de Nice vend l'ensemble, inoccupé depuis 1988, à la Caisse des dépôts et consignations pour cinq millions d'euros.
Un permis de construire est déposé en juin 2007 et accordé en novembre de la même année. Mais, il est immédiatement attaqué par des riverains qui ont déposé un recours devant le tribunal administratif... bloquant ainsi le renouveau du quartier. Le feu vert de la mairie pour la démolition a quant à lui été donné en août 2007.
« Mais la direction locale de la Caisse des dépôts attendait le jugement du tribunal pour lancer la démolition, explique Christian Estrosi. Nous avons eu du mal à les faire revenir sur cette décision mais nous avons réussi. »
Logements, commerces et parkings
Le permis de construire prévoit la construction de deux immeubles pour une surface totale de 8 500 m2. Ils abriteront 110 logements, dont une cinquantaine sera réservée en priorité au personnel du CHU. Près de 750 m2 de surface commerciale et de bureaux seront intégrés au projet. « Nous avons demandé à la Caisse des dépôts de nous réserver une partie de ces locaux afin d'y installer des bureaux de la Ville qui compléteront ceux de la rue de France. »
Enfin, le permis prévoit la création d'un parking en sous-sol de 150 places pour les résidents. « La aussi, nous avons demandé que le nombre de stationnements soit revu à la hausse. Les places supplémentaires seraient alors accessibles au public », souligne le maire. Un partenariat financier doit, en ce sens, être mis en place, afin que la mairie prenne à sa charge une partie du surcoût.
Mais pour l'heure, dans le quartier, c'est l'arrivée des bulldozers que l'on guette avec impatience. Les riverains attendent depuis tellement longtemps la démolition de cette verrue qu'ils ont du mal à croire qu'elle va enfin disparaître...