La messe de Pâques qui marquait la réouverture de l'église de Sain-Antoine-Ginestière a été suivie par une véritable foule de fidèles. Ci-dessous, le père Sammut. : Franck Fernandes Les quatorze mois d'errance, les messes en plein air, sous chapiteau, les mariages célébrés ailleurs, tous ces mauvais souvenirs ont été balayés hier matin à Saint-Antoine-Ginestière. L'église inutilisable depuis le 29 janvier 2007 après l'incendie qui avait ravagé l'intérieur a rouvert ses portes pour la messe du dimanche de Pâques. Et le quartier a retrouvé son église et avec une ferveur qui en a surpris plus d'un. On le pressentait déjà sur le chemin. « Que vas-tu faire t'agenouiller devant l'église toute neuve ? » lançait un paroissien. Mais son compagnon a alors répondu le plus sérieusement du monde : « Nous avons tant à nous faire pardonner ! »
Et d'ailleurs on se pressait sur les marches de l'église pour avoir une chance d'entrer. Beaucoup ont renoncé à affronter la cohue, les mamans avec poussettes ont fait prudemment demi-tour tandis que certains conseillaient, « Il y a d'autres églises ! » Mais hier matin c'est Saint-Antoine-Ginestière qui ravi, en quelque sorte, la vedette pascale. Et les paroissiens ont été accueillis par un père Sammut rayonnant qui avait à nouveau deux petites ailes dans sa poche et un large sourire : « Nous connaissons enfin la journée qu'on attendait tous depuis quatorze mois. Je n'ai jamais vu autant de monde. Il n'y a plus de place pour une aiguille. Il n'y a même plus de place derrière l'autel. Vous êtes venus de tout Nice, c'est magnifique ! Je ne savais pas que vous aimiez tant l'église de Saint-Antoine-Ginestière et peut-être votre curé ».
Face à tous ces paroissiens, à ces fidèles debout le père Paul Sammut a élevé encore le statut de son église : « Tout le monde vient prier ici, tout le monde a souffert pendant quatorze mois ».
D'ailleurs le curé visiblement ému n'a pas manqué de remercier l'élan qui a permis de restaurer la bâtisse en ce jour de résurrection : mairie, techniciens, paroissiens, donateurs, comité de quartier, association de quartier.
Mais il a aussi rappelé que les choses n'avaient pas simples et que le travail n'était pas achevé : « Pendant neuf mois, personne n'a bougé, rien n'a été fait. J'ai donc décidé de sortir ma langue... et ils ont bougé. Mais il nous reste les statues, les tableaux qui ne sont pas revenus... parce qu'il n'y a pas le budget. Çà c'est un mensonge ». En s'adressant à Joseph Calza, conseiller général, le père Sammut a été direct : « Tu as intérêt à aller vite, sinon tu vas en prendre pour ton grade. Moi, je trouverai les sous. Il faut terminer, il faut ! »
Et dans son homélie, le curé rejoint par le père Paul Bouquet de Colomars a traduit ce sentiment, plus fort qu'à l'ordinaire, de communion : « Aujourd'hui, nous sommes vraiment amis. Nous partageons l'amour et l'amitié ».