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Nice-Matin
Actualité Nice
mardi 19 août 2008

Nice - Fort de la Revère : polémique autour du droit de chasse

 Le parc naturel départemental de la Grande Corniche est l'un des principaux poumons verts des Alpes-Maritimes, très fréquenté par les familles le week-end.<br />  :  Photo Doc. NM. Le parc naturel départemental de la Grande Corniche est l'un des principaux poumons verts des Alpes-Maritimes, très fréquenté par les familles le week-end.
: Photo Doc. NM.

Pas facile de faire le bonheur à la fois des chasseurs et des écologistes, qui plus est lorsque ces frères ennemis, tous deux amoureux de la nature à leur manière, se disputent le même territoire !

« L'affaire » du parc naturel départemental de la Grande Corniche en apporte une nouvelle fois l'illustration. La récente signature d'une convention entre le conseil général, la mairie de la Turbie et l'association de chasse de cette commune relance la polémique. Ce texte réglemente le droit de chasser sur un territoire d'environ 100 hectares à l'intérieur du parc. Facteur aggravant pour les défenseurs de la nature : ce secteur jouxte le site du fort de la Revère, là même où doit voir le jour vers 2012 le centre Nicolas Hulot (1).

Contradiction ?

Au nom des élus socialistes du conseil général, Paul Cuturello et Jean-Raymond Vinciguerra (apparenté Verts) s'étonnent de la « contradiction ». Ils pointent un doigt accusateur sur l'article 2 de la convention : « Celui-ci autorise la chasse les lundi, mercredi, samedi, dimanche et jours fériés et l'interdit les mardi, jeudi et vendredi qui, comme chacun sait, ne sont pas les jours privilégiés par les familles pour venir se promener dans ce parc. C'est absurde et dangereux ».

Pour les responsables de l'environnement au conseil général, il s'agit là d'une mauvaise querelle : « La convention supprime trois jours de chasse, réduit les horaires et protège strictement les abords immédiats du fort de la Revère. C'est donc un net progrès et les écologistes devraient être les premiers à s'en réjouir. »

Le problème des jours de chasse ? « Bien sûr, nous aurions voulu étendre l' interdiction de tirer aux week-ends mais les chasseurs ont refusé, eux aussi travaillent dans la semaine ! »

Quant à passer en force en imposant une telle directive, impensable ! Pour une simple et bonne raison : sur les 599 hectares du parc, moins de la moitié (260 hectares) appartient au Département, le reste étant la propriété des communes d'Eze, la Turbie et la Trinité.

« Si, sous la pression des associations de chasseurs, une des trois communes se retirait, notre parc se réduirait comme une peau de chagrin. Si on se mettait les chasseurs à dos, tout le monde y perdrait ».

Sauver le parc

Voilà qui est clairement dit. Le Conseil général est condamné à s'entendre avec les nemrods qui ont des droits ancestraux sur ces terres le droit, quitte à faire quelques concessions pour sauver l'essentiel : l'intégrité de ce parc qui constitue l'un des poumons verts des Alpes-Maritimes.

Une convention similaire devrait être signée prochainement avec la société de chasse « Canta Perdrix » pour les terrains situés à cheval sur Eze et la Trinité : « Pour aboutir, nous comptons sur la bonne volonté de cette société ».

(1) Plus exactement le « centre international dédié au développement durable » voulu par le Conseil général.

Philippe Fiammetti
Nice-Matin
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