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Nice-Matin
Actualité Nice
vendredi 25 juillet 2008

Nice - Une soirée à Cimiez : mélomane ou VIP ?

 Simple festivalier ou VIP, deux espaces séparés (salon feutré ou stands à saucisses), deux comportements différenciés, deux façons chaque soir au Nice Jazz festival.<br />  :  Photo Richard Ray Simple festivalier ou VIP, deux espaces séparés (salon feutré ou stands à saucisses), deux comportements différenciés, deux façons chaque soir au Nice Jazz festival.
: Photo Richard Ray

À Cimiez, deux mondes se toisent, mais ne se côtoient pas.

Sur les ondes radios, le chanteur déjanté Philippe Katerine a beau s'époumoner : « T'es trop V.I.P. !!! », entre simple festivalier et invité de marque, il y a bien plus qu'une cloison de fausse verdure. Tout un état d'esprit, une façon différente d'apprécier le NJF.

En caricaturant un peu, juste un peu, disons que le premier vient en short et sandales comme au sortir de la plage, quand le second est tiré à quatre épingles, comme pour une soirée dans un palais princier.

Après être monté à pied, par la navette gratuite ou s'être garé au diable Vauvert, le festivalier fait la queue au guichet et passe par l'entrée avenue du Monastère, à côté des toilettes et du manège pour enfants. Le V.I.P dépose son carrosse directement sur le parking réservé du Monastère, est accueilli par de charmantes hôtesses entre deux cyprès.

Fontaine et champagne ou socca et churros ?

Le festivalier navigue ensuite à vue entre les trois scènes, Matisse, Arènes ou jardin. Les plus prévoyants auront prévu la chaise pliante ou ne seront pas trop regardants pour poser leur séant dans la terre et la poussière. Les autres ont leur table réservée dans un salon en plein air tapissé de gazon. Avec le roucoulis d'une fontaine et le champagne au frais.

Devant un espace réservé, le VIP est salué d'un « Bonne soirée » avec le sourire par une hôtesse. Le festivalier est rembarré d'un « interdiction de passer! » par un cerbère de sécurité.

À l'heure de manger, le festivalier doit prendre son ticket puis la file d'attente pour une part de socca, ou un sandwich. Les premiers arrivés s'asseyent sur une table et des bancs en bois. Les tarifs ? 2 e pour une bouteille d'eau, entre 3 et 4 e pour une boisson non alcoolisée, entre 3 et 4,50 e pour une bière. Compter aussi de 4 à 6 e pour un sandwich froid, de 7 à 8,50 e pour du chaud, de 3 à 5 e pour la barquette de frites. la socca est à 2 e la part, et la glace ou le churros à 2-3 e.

Pique-nique à 20 euros cocktail-dîner à 150 euros

Bref, une vingtaine d'euros pour un repas complet. Pas donné. Mais une misère à côté du cocktail dînatoire (petits fours, champagne...) à 150 e par tête de pipe dans l'espace VIP.

Pour les concerts, à chacun son attitude. Le festivalier court (presque) d'une scène à l'autre pour obtenir une place avec vue imprenable. Dans une odeur latente de saucisse, se met sur la pointe des pieds pour apercevoir son idole au jardin. Le VIP, confortablement assis, peut profiter de la scène jardin directement du haut de la terrasse, voire poursuivre sa conversation sans se faire insulter. Avec u n peu de chance, il pourra même poser pour une photo en compagnie de Bono, Patrick Sebastien et autres vedettes de passage.

Au Nice Jazz Festival, chacun joue de sa petite partition. le tout est d'être en harmonie avec ses propres émotions.

Alexandre Carini
Nice-Matin
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