Le vallon des Sablières s'étend sur des centaines d'hectares. Un eldorado pour les promoteurs à l'affût de ce site encore vierge, un des derniers proche du centre ville. : Cyril Dodergny° Des centaines d'hectares vierges, de vastes champs recouverts d'arbustes et de genêts, une vie encore presque sauvage... Où sommes-nous ? Quelque part dans le haut pays ? Pas du tout. Nous sommes à Nice, à quelques centaines de mètres de l'animation bruyante du boulevard Gambetta. Nous sommes dans le vallon des Sablières à deux pas de la piscine du Piol et du lycée du Parc-Impérial.
Ce territoire deviendra-t-il bientôt un nouvel eldorado urbain dans une ville où le foncier est si rare et si cher ? D'aucuns n'hésitent pas à parler de mini-plaine du Var !
En tout cas, l'urbanisation du secteur n'est plus une vue de l'esprit. Et la Ville a dans ses cartons un projet de route dont le coût est estimé à près de 15 millions d'euros.
Dans le bas du vallon, une fois quitté l'avenue de Pessicart pour le petit Chemin des Sablières, des permis de construire ont d'ores et déjà été accordés pour des logements et une maison de retraite médicalisée. Un panneau fait de la pub pour un projet de deux immeubles avec un dessin à l'appui.
4 km dans un décor sauvage
Deux cents mètres plus haut, la route n'est plus qu'une piste dont l'entrée est barrée par des blocs de pierre (1). C'est par là qu'on chemine dans le fond du vallon entre deux falaises de pouddingue (2). Un peu plus haut, surprise, on débouche sur un grand plateau recouvert de broussailles.
Le chemin frôle ensuite l'autoroute A8 et continue au-delà jusqu'aux Hameaux de Saint-Pancrace. Terminus. Au total, on aura parcouru près de 4 km dans ce décor champêtre entre la colline de Pessicart à l'Est, la colline de Saint-Pierre de Féric et la Corniche des Oliviers à l'Ouest.
Difficile d'imaginer que ce grand vallon a été, dans les années 1980-1990, une immense décharge publique ! Des millions de m3 de matériaux de chantiers y ont été déposés : des pierres, des blocs de ciment, des déchets inertes aujourd'hui totalement recouverts par une végétation dense.
Résultat : ce site naguère profondément encaissé a été rehaussé de plusieurs mètres, son relief s'est aplani. Par endroits, c'est une plaine, vierge de toute construction. Seules les hauteurs sont occupées par quelques maisons.
Une question brûle les lèvres : une fois que la route aura été percée et équipée, que deviendra ce vallon ? Est-il promis à une urbanisation intense ? Aura-t-on là un boulevard de Montréal bis avec des immeubles qui se bousculent ?
Construire oui mais...
«Pas question de refaire les mêmes erreurs que sur la colline de Fabron en laissant se construire n'importe quoi, n'importe comment ! », s'exclame l'adjoint de territoire, Olivier Bettati.
« Ne gâchons pas un des derniers grands espaces de la commune ! Il faudra un plan de développement harmonieux avec des maisons mais également des équipements publics, des écoles, des crèches...»
Le vallon des Sablières est actuellement un désert. Demain, un nouveau quartier de Nice ?
1.-Celles-ci ont été installées pour empêcher l'intrusion de caravanes.
2.-Mélange de terre et de galets caractéristique des collines niçoises.