Rivalité politique ou réel souci de bonne gestion des deniers publics ? Les deux versions s'affrontent. Et l'on parlait beaucoup, avant-hier à Saint-Étienne-de-Tinée, en attendant de voir le peloton passer.
Le problème ? L'ancienne municipalité, présidée par Georges Brun, avait voté à l'unanimité, le 15 février dernier, une subvention de 10 000 euros en faveur de l'association « Trialogue ».
But de cette aide : favoriser l'organisation d'un événement culturel de rapprochement entre les peuples.
Connue pour son action à la tête de l'association Placet France, Sibylle von Plessen envisageait là de rassembler, pendant cinq jours, les chanteurs de quatre chorales : palestinienne, israélienne, libanaise et française.
Une façon de favoriser les échanges et la connaissance mutuelle.
Une action dont l'utilité n'est en aucun cas contestée par Thérèse Fabron.
Épouse de l'ancien maire
Devenue maire après avoir affronté le premier magistrat dont elle était la principale adjointe, elle explique : « Ce que fait cette dame, notamment en faisant opérer, à Nice, des enfants victimes de la violence des hommes, mérite le respect. L'événement culturel qu'elle veut organiser à Saint-Etienne aussi. Je serai d'ailleurs présente lors du concert de clôture. Qu'elle soit l'épouse de l'ancien maire ne justifie en rien la décision de la commission culturelle, validée unanimement par le conseil des adjoints. L'accord du mois de février n'était que de principe. Il devait être confirmé.
« Nous sommes simplement soucieux de gérer au mieux les subventions aux associations. Il y en a trente sur la commune. Et quand l'une d'entre elle n'a pas ce qu'elle veut, elle ne fait pas forcément appel à la presse. Nous proposons aujourd'hui une aide de 3 000 euros, soit le dixième de ce qu'accorde le conseil général. Soit autant que ce qui est donné au comité des fêtes pour assurer l'animation du village tout au long de l'année. De plus, nous mettrons le matériel à disposition. Notre décision ne remet en rien en cause l'organisation de l'événement. A cette personne de trouver des crédits par ailleurs. »
Convaincants les arguments ? Pas pour tout le monde.
À Saint-Étienne-de-Tinée, alors que Christian Estrosi, depuis la tribune du Tour de France, parlait, d'union européenne et méditerranéenne, beaucoup se disaient mardi qu'il n'était décidément pas facile d'oeuvrer au rapprochement des hommes.